‹ Magasin théâtralChapitre 573 sur 1475 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

FALIERO, ÉLÉNA, VEREZZA, SEIGNEURS DE LA Nuit, Gardes.

VEREZZA.

Demeure :

Envoyé par les Dix, je t'arrête en leur nom,

Doge , comme accusé de haute trahison.

ÉLÉNA.

Plus d'espoir !

FALIERO

M'arrêter, moi, ton prince!

VEREZZA.

Toi-même:

Voici l'ordre émané de leur Conseil suprême.

Obéis.

( Quatre heures sonnent. )

FALIERO

Je commande, et votre heure a sonné.

Juge des factieux qui m'auraient condamné.

J'attends que le beffroi les livre à ma justice.

Écoute : il va donner le signal du supplice.

Je brave ton sénat , tes maîtres , leurs bourreaux.

Et l'ordre qu'à tes pieds ma main jette en lambeaux.

VEREZZA.

Ton espérance est vaine.

ÉLÉNA.

Aucun bruit !

FALIERO

Quel silence

VEREZZA.

Tu n'as pas su des Dix tromper la vigilance; Les cachots ont parlé : ne nous résiste pas.

FALIERO

C'en est donc fait ; marchons.

ÉLÉNA.

Je m'attache à vos pas.

FALIERO, à voix basse.

Vous!... et quels sont les droits de celle qui m'implore? Son titre? Que veut-elle? ai-je une épouse encore? Je ne vous connais pas ; je ne veux plus vous voir. Contre un arrêt mortel, qu'il m'est doux de prévoir. Ma vie à son déclin sera peu défendue. Pour que la liberté vous soit enfin rendue, Éléna, je mourrai ; c'est tout ce que je puis : Vous pardonner, jamais !

(A Éléna, qui le suit, les maius jointes. ) Non , restez !

(A Verezza. )

Je vous suis.

Page 1