M AH ION
LE KOI.
Qu'est-ce que celte dame?
MARION
i8 sœur, Majesté, qui tremble à vos genoux! lUS TOUS devez au peuple.
LE i;oi.
Oui, je me dois à tous, duel n'a jamais fait de ravages plus amples.
MARION
faut de la pitié, Sire!
LE ROI
Il faut des exemples.
LE MARQUIS DE NANGIS
ux enfants de vingt ans, Sire! songez-y bien. i! leur âge à tous deux fait la moitié du mien.
-MARION
ijesté, vous avez une mère, une femme,
i fds, quelqu'un enfin que vous aimez dans l'âme,
1 frère. Sire ! — Hé bien! pitié pour une sœur!
LE KOI.
1 fière ! non , madame.
Il réfléchit un instant.
Ah! si fait. J'ai monsieur.
.\percevaut la suite du marquis.
, marquis de Nangis, quelle est cette brigade? mmes-uous assiégés? allons-nous en croisade? ur nous mener ainsi vos gardes sous les yeux , es-vous duc et pair ?
LE .MARQUIS DE NANGIS
Non, Sire, je suis mieux l'un duc et pair, créé pour des cérémonies; suis baron breton de quatre haronnies.
LE DUC DE BELI.EGARDE , Ù purt .
orgueil est un peu fort et par trop maladroit!
LE ROI
en. Dans votre manoir remportez votre droit, onsieur; mais laissez-nous le nôtre sur nos terres. )us sommes justicier.
LE MARQUIS DE nAîiGis, frisson)ia)îf.
Sire! au nom de vos pères, msidérez leur âge et leurs toits expiés.
Il tombe à jjenons.
l'orgueil d'un vieillard qui se brise à vos pieds, âce !
Bui fait un sifjne brusque de colère et de refus. Il se relève lentement.
Du roi Henri, votre père et le nôtre, fus le compagnon; et j 'étais là quand l'autre. . . [soir lulre monstre, — enfonça le poignard... — Jusqu'au gardai mon Roi mort, car c'était mon devoir, e ! j'ai vu mon père, hélas! et mes six frères oir tour à tour au choc des factions contraires, femme qui m'aimait, je l'ai perdue aussi. , intenant , — le vieillard que vous voyez ici , comme un patient qu'un bourreau, qui s'en joue, >our tout un grand jour attaché sur la roue. Seigueiu- a brisé mes membres tour à tour sa barre de fer. — Voici la un du jour, ?ilt'ttant la main sur sa poitrine, j'ai le dernier coup. — Sire, Dieu vous conserve! allie |)rot'ondcment et sort. Marion se lève péniblem ut et va tomber nionrante dans l'enfoncement de i |ii.r[e dorée du caljinet du Roi.
i'.iji, essuyant une larme et le suivant des yeux,
à JSellegnrde.
w ne pas défaillir il faut qu'uii Roi s'observe, n faire est malaisé... Ce vieillard m'a touciié... •\ i- un moment et sort bi-usqucment de son silence, oiiid'hui pas de grâce! hier j'ai trop péché.
."^r- rapprochant de Bellegarde.
Il' Vi.'us, duc, avant lui vous veniez de me dire iite chose hardie et qui pourra vous nuire md au cardinal-duc je redirai ce soir coaversation que nous venons d'avoir.
DE LORME
J'en suis fâché pour vous. Désormais prenez garde.
Bâillant.
Ah! j'ai bien mal dormi, mon pauvre Bellegarde!
Conjjédiant du geste gardes et courtisans.
Messieurs, laissez-nous seuls. Allez.
A L'Angely.
Demeure, toi.
Tout le monde sort, excepté Marion que le Boi ne voit pas. Leduc de Bellegarde raperçoiî accroupie au seuil de la porte et va à elle.
LE DUC DE BELLEG.\RDE, bttS à MartOïl.
Vous ne pouvez rester à la porte du Roi. Qu'y faites-vous, collée ainsi qu'une statue? Ma chère, allez-vous-en.
J'attendrai qu'on m'y tue.
l'angely, bas au duc.
Laissez-la, duc.
Bas à Marion .
Restez.
Il revient auprès du Roi, qui s'est assis dans le grand fauteuil et rêve profondement.