LE ROI, L'ANGELY
LE ROI , avec 2(n soupir profond.
L'Angely, L'Angely, Viens! j'ai le cœur malade et d'amertume empli. Point de rire à la bouche, et dans mes yeux arides Pointde pleurs. Toi qui, seul, quelquefois me dérides, Viens. — Toi qui n'as jamais peur de ma majesté, Fais luire dans mon âme un rayon de gaîté.
Un silence.
l'angely.
N'est-ce pas que la vie est une chose amère. Sire ?
le roi.
Hélas!
l'angely.
Et que l'homme est un souille éphémère?
LE ROI
Un souffle, et rien de plus.
l'angely.
N'est-ce pas, dites-moi.
Qu'on estbien malheureux d'être homme et d'être roi. Sire ?
On a double charge.
l'angely.
Et, plutôt qu'être au monde, Que mieux vaut le tombeau, si l'ombi e en est profonde?
LE ROI
Je l'ai toujours dit.
l'angely.
Sire! être mort ou pas né, Voilà le seul bonheur. Mais l'homme est condamné.
le roi.
Que tu me fais plaisir de parler de la sorte!
Un silence.
l'angely.
Une fois au tombeau, pensez- vous qu'on en sorte? LE ROI, dont la tris/esse a été toujours croissante
aux paroles du fou.
Nous le saurons plus tard. — J'en voudrais être là.
Un silence
Fou, je suis malheureux ! — Entends-tu bien cela?
l'angely.
Je le vois. — Vos regards, votre face amaigrie, Votre deuil...