I.CICESTCK
JcuiiC homme.'... où vous entraine un aveugle délire? Kii quels lieux (îtos-vous? voyez; qu'osez-vous dire? Des t'.-umes! iTos coniolols ! savez-\ous qu'en ces lieux Parloul autour de nous sont d'iniioinbrabUs yeux ? Connaiisez-vous la reine et sa toute puissance? Savez-vous ([ne l'on tie.-nblc à sa seule présence ? Qu'il n'est pas de (oniplr.t d'ombres environné Que son œil pénétrant n'ait d'abord deviné? On vient. Nous nous verrons. Contenez ce courage. Hâtez-vous. Composez votre air, votre visage; Et gardez que ce front, malgré vous iiuliscret. Aux regards altculifs ne dise mon secret.
SCKNE 11 1.
MORTIJIER. mi^LVlL, LKICESTER, ELI- SABETH, IILIILEIGH, PALLET, Dames
D'iiO.XNLLU ,CUL11T1SA>S, PaGES ,elC.
BURLEIGII.
M vîame, pardonnez si je puis vous déplaire : En quel lieu venez-', ous ? et qu'y venez-vous faire ? Quel courtisan pcr.ide, en un monient pareil, A mis dans vo're sein un semblable conseil? Vou'.cz-vous à Marie accorder votre vue Quand la mort sur sa tète est déjà suspendue? Vous n'achèverez pas; je n'y puis consentir. Non, non, quelque pitié que vous puissiez sentir, Crojc.^-cn un sujet depuis trente ans fidèle, L'intérêt de l'état doit parler plus haut qu'elle. Marie est condamnée, elle appartient aux lois.
ELISABETH
Qui vnii; dit qu'en ce lieu me conduise mon choix ? Q je je \ iemie lu voir ; que, moins que vous sé\ ère, Je veuille de sa lettre écouter la prière? Toutefois, en lisant sa plainte et ses malheurs, L'avoùrai-je ? mes yeux se sont mouillés de pleurs. Voilà donc le séjour de la tri>te Marie ! Celle que la fortune a d'abord tant chérie. Qui du irùiie de Fiance avait le cœur si vain, Qui croyait réunir trois sceptres en «a main. Dans quel abaissement elle est précipitée! Jusqu'au fond démon cœur je me sens attristée. Quand je soiige au néant des fragiles grandeurs, Qu3 je vois le destin éteindre nos splendeurs, Et les terribles coups que sa justice apprête. Tomber sur ma maison, et si près de ma tête.
Mixvn,.
Reine, la voix de Dieu vous parle en ce moment. Suivez de votre cœur ce secret mouvement ; Faites paraître aux u"ux de votre prisonnière, Daiîs la nuit du cachot, un anpe de lumière. Vainement si près d'elle on arrête vos pas; Vainement, quand voire ame abjure son tiépas, L'adroite flatterie avec un front austère Voui en icnd responsable à toute l'Angleterre
Déclarez que le sang à vos yeux fait horreur, Que voiiS v:;ulez sauver les jours de votre sœur; ]\ïonlrez enfin, montrez, hautement é(initable. An conseiller sinistre un courroux véritable, Afadame; et \oi:s verrez disparaître à l'instant Celte nécessité dont on vous parle tant. La justice soud.iin changera de langage. Mais ne croyez (iiie vous. Achevez votre ouvrage : Allez voir votre sœur. Hilas! vos yeux jamais 5)<; Sun visage eiicor n'ont aperçu les traits ; Rien ne parle en faveur d'une femme inconnue; Vous aurez pardonné lorsque voiis l'aurez vue. Je la coiiQe au cœur de votie majesté. Le ciel à votre sexe a donné la bonté ; Que ce royaume heureux s'aperçoive, madame. Que la main qui le guide est celle d'une femme. Lorsque ses fondateurs autrefois ont permis Que le sceptre des rois aux reines fût commis, Sans doute ils ont voulu, j'en crois mon espérance, A côté du pouvoir faire asseoir la clémence.
ELISABETH
Il sulTit. Je voudrais remplir tout votre espoir. L'Angleterre m'impose un sévère devoir.
Je tâcherai d'unir, si Dieu ne m'abandonne, Les droits de la clémence et ceux de ma couronne : Les plus justes pour moi seront les plus sacrés. Qu'on me laisse un instant. Leicesler, demeurez. by&ùwûCwCûOwcaokioeoâ&odoo&câoosoaoosoioeo&âiiwdwdcsuw.viia
SCKNE IV.