PAULINE, CÉSAR, COLOMBET
COLOMBET. Enfin, je reviens...
CÉSAR. Rassurez-vous !
PAULINE. Pardon ! c'est que je croyais que c'était quelqu'un... mais non...
COLOMBET. C'est moi ! Grâce à Dieu ! je puis le voir! c'est pour cela que j'ai vite expédié l'aiïaire de la fabrique.
CÉSAR. L;i fabrique! lu y es donc occupé?
COLOMBET. Oui, quelquefois.
PAULINE. Puisqu'on veul le faire marguillier...
CÉSAR. Hein? toi ! Ah! c'est donc...
COLOMBET. oh! je ne le suis pas encore!
CÉSAR. Marguillier ! Diable ! tu es devenu ambitieux !
COLOMBET. Cela t'étonne?
CÉSAR. ISon, non, cela ne m'étonne plus. Je comprends ce que ta sœur me disait tout à l'heure.
COLOMBET. Quoi ! qu'est-ce qu'elle te disait... cette pelite bavarde?... [Elevant la voùc.) D'abord je n'y suis pour rien... je désavoue. . .
CÉSAR. Eh ! mou Dieu ! on ne t'écoute pas... tu cries en pure perte! Quant à moi, je te déclare...
COLOMBET. Je te déclare que je vrux vivre tranquille, que je me trouve heureux !
PAULINE. Je t'en fais mon compliment!
COLOMBET. Silence!
PAULINE. Voyez, comme il est méchant!
COLOMBET. Mais de quoi peut -elle si plaindre?
PAULINE. De tout!
COLOMBET. Est-ce que je ne l'aime pas?,.. Est-ce que ma femme n'a pas pour elle une amitié de sœur ? Est-ce que ma belle-mère ne s'occupe pas d'elle comme de sa fille?
CÉSAR. Justement! voilà ce qui ne nous convient pas! Et par exemple, nous ne voulons pas que madame d'Aigueperse nous choisisse un mari que uous saurons bien choisir nous-mêmes... n'est-ce pas?
PAULINE. Allez toujoui-s... vous parlez très-bien !
CÉS.\R. Par exemple! le neveu at monsieur Mathieu, qu'elle n'aime pas.
COLOMBET. Mais qu'elle s'explique, dors.
PAULINE. Mais on ne veut pas lu'entendrc. CÉSAR. Dans ce cas, n'esi-ce pas son frère qui doit la défendre? Et puisque monsieur Edmond nous airne. Hein? il nous aime?
PAULINE. Beaucoup.
CÉSAR. Puisque no>is l'aimons, car nous l'aimons ?
PAULINE. Certainement, CÉSAR. Je ne vois pas pourquoi nous ne l'épouserions pas.
PAULINE. Voilà... c'est clair !
COLOMBET. Edmond... sans doute... c'est un bon jeune homme! du moins je le crois; et je ne m'opposerais pas le moins du monde à ce mariage si j'étais le maître.
CÉSAR. ïu ne l'es donc pas?
PAULINE. Il ne l'est pas!
COLOMBET. Si fait !
CÉSAR. Alors...
COLOMBET. Alors... mais enfin, que veuxtu que je fasse?
CÉSAR. Je veux que tu t'expliques positivement... que tu déclares à ta belle-mère, à ta femme, que ta sœur n'aime pas le neveu de M. Maihieu.
PAULINE, élevant la voir. Je le déteste. CÉSAR. Que monsieur Edmond lui plairait mieux pour son mari.
PAULINE. Beaucoup mieux! ittais il n'osera pas.
COLOMBET. Mais tais-toi donc!... D'abord je n'ai pas peur; et puisque tu veux que je parle... pour cette petite sotte... qui pourrait bien parler elle-même... c'est égal, je vous prouverai. . . Silence ! voici ma bellemère!..
PÀULUfB. Oh 1 je me sauve !
Elle sort.
CÉSAR. Non, c'est ta femme... je te laisse avec elle... tu vas lui parler; et pendant cette petite explication, je vais faire apporter mes effets pour m'installer dans l'appartement que tu me destines... Allons, sois homme, morbleu !
11 salue Ursule et sort.