‹ Magasin théâtralChapitre 853 sur 1475 · URSULE, CÉSAR, COLOMBET · texte numérisé non relu

URSULE, CÉSAR, COLOMBET

COLOMBET, à la cantonade. Passez chez ma belle-mère, mon bon monsieui [Mathieu !

CÉSAR, à part. Nous allons voir ! {Haut.) Eh ! viens donc, mon cher Colombet !

COLOMBET, sans voir sa femme. César !. .. ah bah! tu reviens... tu n'as pas peur? Ah ! je conçois, comme moi, notre déjeuner de ce matin !

CÉSAR . Certainement. Je viens te demander à quelle heure tu vas ce soir chez madame Lépinet.

COLOMBET. A huit beures !

URSULE*. Comment? chez madame Lépinet!

COLOMBET, se retournant. Ma femme?...

madame Lépinei... je ne connais pas... je ne sais pas ce que tu veux dire. {A part.) Mais est- il maladroit!

CÉSAR. Eh ! mais, pourquoi cet air d'embarras! Madame Lépinet est une femme charmante, qui réunit la meilleure société!

COLOMBET. Certainement, la meilleure société !

URSULE. Eh quoi! monsieur.... tous la connaissez?

COLOMBET. Moi? non... je ne dis pas....

CÉSAR. Mais tu m'as fait inviter chez elle?

COLOMBET. Chez elle! par exemple!...

CÉSAR. Vas- tu faire l'hypocrite avec ta femme , qui sait tout ? Ta belle-mère n'est pas là !

COLOMBET. C'est juste, au fait! j'irai chez madame Lépinet, puisque je l'ai promis...

URSULE. Mais non... mais je ne le veux pasl D'ailleurs la sœur de monsieur Mathieu nous attend à dîner... nous passons la soirée chez elle.

CÉSAR, riant. A jouer au reversi. . . avec monsieur Mathieu !

COLOMBET. Oui, beau plaisir! Ma foi, non... plutôt que de m'y ennuyer, j'aime mieux partir pour la campagne!

CÉSAR. Comme hier ? Ah 1 mon ami, de la franchise ! ne trompe pas ta femme 1

COLOMBET. Mais je ne la trompe pas... je pars pour la campagne !

* Càsu, Ursule, Colombft.

URSULE. Non.... vous alloz chez cette dame. . .

CÉSAR. Parblpu ! c'<^st clair!

COLOMr.ET. Eh bien! oui, là, j'y vais...

UR.''ULE. Poiirretrouvermadamede Nohan?

COLOMBET. Madame de Nohan ! non, non, elle n'y s^ra pas !

CÉSAR. Si f^it...

COLOMBET. Mais non...

CÉSAR. Mais si !... puisque c'est moi qui lui donne le bras pour l'y conduire.

URSi'LE. Là... voyez-vous!

COLOMBET, à part. Mais quelle rage il a de me livrer, ce maudit César !

URSULE. Eh bien! non, vous n'irez pas... je ne vous laisserai pas sortir, je m'attache à vous !

CÉSAR. Ah ! c'est une tyrannie !

COLOMBET. C'est vrai!... c'est une tyrannie insupportable! cela me fatigue... l'ennui me tue, à la fm !

CÉSAR, bas, à Ursule. L'ennui!... vous voyez .

COLOMBET. Je suis mon maître, que diable !.. . j'irai chez madame Lépinet, si je veux aller chez madame Lépinet! je ne veux pas qu'on m'emprisonne, qu'on me tyrannise!

URSULE. Mon ami, mais rependant...

COLOMBET. J'irai à ce bal, quand je devrais sauter par la fenêtre !

CÉSAR. Là ! qu'est-ce que je vous disais?

URSULE. A ce bal, où vous verrez madame de Nohan!...

COLOMBET. Où je verrai madame de Nohan!

CÉSAR, bas. Il est perdu!

URSULE. Que vous vouliez épouser?

COLOMBET. Que je voulais ép.. . ah I qu'estce que je dis là !

César part d'an éclat de rire.

URàtiLE , bas. Monsieur, monsieur!...

faites ce que vous voudrez, je consens à tout ; mais qu'il reste!

CÉSAR, à part. Allons donc !

COLOMBET, se promenant d'un air de triomphe. Ma foi, tant pis! je veux me montrer, je veux leur dire à tous...

Il dnnne un coup de pied dans un meuble ; M™« d'Aigueperse entre et se trouve face à face avec lui ; il resta tout interdit.

/VW%/VW\yVW»*\^V\yV\'W\'\W'V%\'W^'V\/VW*'VVW\XV^^W\*%V^^*^A^*%

Page 1