‹ Magasin théâtralChapitre 877 sur 1475 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

MELCOURT, CHARLES, FORESTIER.

MARIE, M">« D'HORBIGNY.

FORESTIER. Ah! mon ami! j'annonçais votre visite à ces dsimcs (Charles salue d'un air-très Ji oid.) Je VOUS dirai d'abortl que j'ai disposé de votre soirée ; vous accompagnerez ces dames au bal, car je ne peux pas y aller.

MARIE, oii^emeni. M. de Melcourt doit nous y retrouver.

FORESTIER. Cela n'empêche pas I... (/ part.) Toujours M. de I\lelcourt ! {Haut.) Au reste, monsieur d'Arbel, j'attends plus encore de votre complaisance et j'ose dire de votre amitié, car, voyez-vous, moi, je vous regarde comme un ami ! Mes relal lions d'affaires avec les hommes ont étc.

MAKIE.

nombreuses ; eh bien ! vous êtes le seul vraiment désintéressé, bon et loyal , que j'aie renconti-é : de plus, il y a dans vos manières un air d'intérêt, d'affection pour moi, auquel je suis très-sensible!... A présent que je suis riche , que je suis à la veille de n'avoir plus rien à faire, qu'estce qu'il me faut à moi ? des amis.

CHARLES. Que puis-je pour vous obliger?

FORESTlEii. D abord, je suis contraint d'avouer ce que je cachais encore , c'est que ce voyage à Bordeaux, dont je parlais depuis quelque temps (à sa Jemme) et où vous avez refusé de m'accompagner, est forcément u-ès-prochain : je pars cette nuit.

MARIE. Cette nuit?

FORESTIER. Ce sera mon dernier voyage, et désormais je ne vous quitterai plus. Dans quelques mois, tout sera pour jamais fini ; plus d'affaires , plus de spéculations, mais jusque-là, j'ai encore quelques intérêts ici, et j'ai compté sur M. d'Arbel pour y veiller en mon absence.

MARIE, cwemeni. Y pensez- vous, monsieur ?

CHARLES. Pour ce qui regarde vos intérêts, je suis à vos ordres. Mais pour accompagner ces dames au bal, vous voudi'ez bien m'en dispenser, je l'espère.

M""^ d'horbigny. m. d'Arbel est aimable.

FORESTIER. Oh ! ce refus me contrarie I au reste, arrangez- vous avec elles : il faut que je vous quitte pour quelques instans ; vous voudrez bien m'attendre ici , n'e3t-il pas vrai ?

MARIE. Il est indispensable que je rentre chez moi , et vous me permettrez de laisser à ma cousine le soin de tenir compagnie à ces messieurs.

M""* d'horbigny. Moi? pas le moins du monde .'... nous ne partirons point pour le bal avant une heure, je vais l'employer à faire une visite. {A demi-voix a iMarie.) Rester avec ces messieurs ! l'un ne s'occupe que de lui , l'autre ne s'occupe de personne I Ils sont vraiment bien amusans ! . . .

MELCOURT. Mon Dieu! que personne ne se gêne ! nous attendions fort patiemment ensemble.

(Marie salue et sort par une porte latérale, M"'d.'Horbigny soit par le fond, ainsi que Forestier.)

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