SCENE vni
FANNY , MARIE , CHARLES
FANNY. Pardon! je croyais trouver madame seule !... Je vais me retirer.
MARIE. Avez-vous donc quelque chose de .si important à m'apprendre? mon Dieu ! vous avez l'air toute troublée !
FANNY. On le serait à moins! je viens dire à madame qu'il faut que je quitte sa maison.
MARIE. Me quitter?.... et pourquoi?...
FANNY. Je ne peux pas, je ne dois pas y rester plus long-teinps.
MARIE. Ah! je comprends... c'est ma faute.
FANNY. Non , ce n'est pas madame qui
est cause...
MARIE, à Charles. J'ai des torts envers elle, cette pauvre Fanny!... oh ! c'est que j'étais bien brusque, bien impatiente 1... je l'ai grondée... elle n'a pas été heureuse près de moi ! c'est mal ! . . . mais , voyezvous . quand on ne peut rien potu* son bonheur à soi , on n'a pas de courage pour s'occuper de celui des autres! je réparerai cela, Fanny, et je vous tiendrai compte du passé!
CHARLES. Qu'elle est bonne !
FANNY. Ah ! cette bonté. . , je ne l'accepterai pas...
MARIE. Comment, Fannj, vous m'en voulez encore?
FANNY. Moi? vous en vouloir!. . au contraire ! .. . et je me sens prête à pleurer ! 3IARIE. Quel malheur vous arrive-t-il donc ?
FANNY. Ce n'est pas seulement à moi qu'un malheur peut arriver si je reste. MARIE. A qui encore?
FANNY. Hélas ! c'est à vous aussi, madame.
MARIE. A moi?
CHARLES. Un malheur à madame ! Parlez, mou enfant, parlez vite.
FANNY. C'est que je n'ose...
MARIE, souriant. Ne craignez pas de parler devant M. d'Arbel. Si je dois entendre quelque chose de fâcheux, hâtez-vous de le dire pendant qu'un ami est là pour consoler.
FANNY. Eh bien ! je parlerai ! madame est si bonne !.. H faut que je m'éloigne^ car je sens bien qu'en demeurant près de monsieur...
MARIE. Monsieur..?
FANNY. Oui, le mari de madame! oh!
il me connaît depuis long-temps , et c'est ce qui me faisait hésiter à entrer chez vous, quand vous m'avez recueillie dans ma misère ! Autrefois même, il m'avait promis de m'épouser. . . mais il me préféra madame , c'était bien naturel.
MARIE. Qu'entends-je ?
FANNY. Que vousdirai-je? A présent, si je l'en crois, il n'est pas heureux., et, en me voyant sans cesse...
CHARLES Oh!
FANNY. H faut que je parte.
MARIE. C'est bon, Fanny! c'est bon!
Laissez-nous.
FANNY. Est-ce que madame refuserait?
MARIE, d'un ion amical. Sortez, Fanny, sortez; vous êtes une honnête fille! Plus tard, nous causerons... Allez!
MARIE
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