‹ Magasin théâtralChapitre 889 sur 1475 · SCENE yi · texte numérisé non relu

SCENE yi

CECILE, seule.

Que je suis contente!... Dès que maman sera mariée , je lui avouerai tout.

Elle saura que , dans ce voyage , mon cœur s'est donné pour jamais au meilleur, au plus aimable des hommes ; que depuis un an, je le regrette et je l'attends., car il m'aime! j'en suis sûre; mais je ne sais pourq^^oi, je n'aurais peut-être jamais osé en parler à ma mère, sans son mariage à elle. Maintenant, je lui conterai toute la vérité. Oh! je n'ai rien oublié!.. C'était au bal : tout-à-coup il m'aperçut, et n'acheva pas sa phrase commencée; et ses regards, pendant toute la soirée, ne me quittèrent pas un seul instant. Moi, je me sentis troublée. Personne ne m'avait jamais regardée ainsi! Quand M"* d'Horbigny, qui le connaissait déjà , lui permit de venir nous voir, je fus bien contente, et lui, il parut enchanté ! Il vint bien plus tôt qu'il n'avait dit... et pourtant, je l'attendais déjà ; il était troublé, et moi, je me sentais rougir. Alors, je devinai tout de suite que nous nous aimions, car j'avais entendu dire à ma cousine que c'est toujours comme cela que l'amour commence.

Ensuite , nous passâmes toutes nos journées ensemble. Ah ! il n'eût pas ainsi oublié tout le beau monde de Baden pour rester près de moi , et il n'eût pas souffert autant que moi quand je partis, s'il ne m'eût pas aimée I Aussi, depuis ce temps, tous mes plaisirs d'autrefois ont cessé de m'aniuser , et je ne sais comment il peut se faire que je sois devenue en même temps plus triste et plus heureuse. C'est qu'il reviendra, puisqu'il m'aime.

Ui\ DOMESTIQUE, a////o/(fo//7. M. Charles d'Aibel.

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