CÉCILE, CHARLES
CÉCILE. Est-ce possible? lui !
CHARLES. Cécile !...
CÉCILE, (illant <i lui. Ah ! j'en étais sûre! je sentais bien qii'arijounl'hui était le jour du bonheur! Enfin, je vous revois! oh!
comme vous vous êtes fait attendre !.. un au, c'était trop long !... et je n'osais parler de vous, même à ma mère. C'est la seule pensée de ma vie que je ne lui aie pas dite, aussi, je n'y pouvais plus tenir, j'ai parlé.
CHARLES. Quoi! qu'avez-vous djt? à qui avez-vous parlé?
CÉCILE , avec étonnement. Mais , à ma mère.
VARIE
CHAULES. Que lui avez-vous dit?
CÉCILE. Je ne sais comment cela s'est fait : ma mère parlait de mon bonheur ; alors tout de suite j'ai pensé à vous.
CHARLES , ai>ec tendresse. Ah ! Cécile ! est-il possible!.,, mon souvenir...
CÉCILE. Je ne vous ai pas encore nommé, mais elle sait déjà que, loin d'elle, j'ai connu quelqu'un que je regrette tous les jours; car dans cette solitude où j'ai vécu depuis un an, il me semblait chaque matin que la journée ne se passerait pas sans vous voir, et le soir j'étais quelquefois si triste que ma mère disait : « Qu'as - tu donc, Cécile? » et je ne répondais pas.... il aurait fallu dire:., c'est qu'il n'est pas venu.
CHARLES, troublé^ j'ioement et avec tendresse. Ah ! . . je ne vous oubliais pas ! moi ! votre* image toujours... présente... ne me quittait pas un instant.
CÉCILE. Mais, vous êtes là: mes regrets, mes craintes, tout a disparu, comme si ce n'était rien qu'une année de chagrin. Je ne sens plus que ma joie; elle est revenue toute entière avec vous I et quand ma mère
CHARLES. A votre âge , on est si heureux !.. on espère tout ce qu'on désire ! ...
CÉCILE. Quel trouble!., qu'avez-vous ?. .
CHARLES. Mais au mien! le passé !...
«ih ! il faut que vous le connaissiez le
moment est venu où je dois tout vous expliquer.
CÉCILE. Mon Dieu I... que vais-je apprendre?...