SCENE VI
Les Mêmes, M^e DE FRANCMESNIL, UN VALET.
LE TALET.
Est-ce ici la demeure de M. Marcel Gauthier, dessinateur?
MARCEL
Oui; que voulez-vous?
LE VALET, à la cantonnade- C'est ici, madame.
M™s DE FRANCMESNIL, en entrant.
Eh bien! monsieur, je suis obligée de venir moi-même chez vous, pour voir si vous voulez faire mes dessins? Ma lingère prétend qu'on ne peut rien avoir de vous; d'où viennent ces lenteurs? est-ce votre faute ou la sienne ?
MARCEL, en lui offrant un siège près de la table. Pardon, madame, de quoi s'agit-il?
M""' DE FRANCMESNIL.
Mais de six dessins de robes: j'ai demandé du nouveau, vous vous êtes engage à en fournir ; montrez-moi au moins ce que vous avez fait, si vous avez commencé. {Allant à la table des dessins.) Dieu! que c'est commun! Tout le monde porte ces choses-là I
Encore une fois, pardon, madame, j'ai été si pressé...
M™" DE FRANCMESNIL.
Alors il ne fallait pas promettre. Je pars pour les eaux; comment vais-je faire? {Allant a Nina.) Que brodez-vous là, mademoiselle?
NINA
Ce sont des collerettes, madame
M""^ UE FRANCMESNIL.
Elles sont jolies et de bon goût. Combien vendez-vous cela?
NINA
Je ne vends pas, madame, je brode seulement.
M™" DE FRANCMESNIL.
Et combien vous paie-t-on pour ce travail?
NINA
Trois francs.
M"8 DE FRANCMESNIL.
On nous fait payer ces chiffons-là trente francs et souvent plus; c'est ainsi qu'on nous vole. Mademoiselle, faites-moi six collerettes de celte façon-là, et variez les dessins. Vous me les apporterez chez moi, directement : voici mon adresse. {Elle lui remet une carte.) Eh bien! monsieur?
MARCEL
Voulez-vous jeter un coup d'oeil, madame? jjme DE FRANCMESNIL, ttssise près de la table. Cela n'est pas mal , peut-être pas assez léger Elle examine.
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