JULIENNE, AUGUSTE
La nuit lomLe pendant celte scène ; les ouvriers entrent les uns après les autres, sortent du Lurcau et quittent la cour,
AUGUSTE, montrant Vécrin.
Julienne, vois-tu ça?
JULIENNE
Tiens! la jolie boîte !
AUGUSTE
Ce n'est rien, la boîte... c'est ce qui est dedans.
JULIENNE
Voyons un peu!
Bon ! si tu vois un peu, tu verras tout-à-fait...
JULIENNE
Puisque c'est pour moi.
AUGUSTE
Tu en es sûre?
JULIENNE
Est-ce que ce n'est pas des brimborions de femme î
AUGUSTE
Est-ce qu'il n'y a pas d'autres femmes que toi en ce monde?
JULIENNE
Bah ! est-ce qu'il y en a d'autres pour toi?
AUGUSTE
Jamais, jamais. Et pourtant, vois-tu! si j'étais jaloux, je croirais que mon frère Victor...
JULIENNE
Oh 1 oui, il pense bien à moi, lui!
AUGUSTE
C'est possible! Mais tu penses à lui, toi!
JULIENNE
C'est vrai! parce qu'il devient tous les jours plus triste, plus sombre. Je suis sûre qu'il a un amour malheureux dans le cœur.
Et c'est pour ça que tu le plains... Et moi donc, alors, pourquoi est-ce que tu ne me plains pas?
JULIENNE
Ah ! ça ne t'empêche pas de dormir.
AUGUSTE
Ah! les femmes I ça a toujours pitié des amoureux des autres, et quand elles en ont un tout petit, elles n'ont pas de plus malin plaisir que de le faire enrager.
JULIENNE
Ça distrait de l'ennui de les écouter,
AUGUSTE
Ah! c'est comme ça! Eh bien! ça, vois-ta! je le donnerai à la grande Jeannette.
JULIENNE
A ton aise... Fais voir toujours si ça lui ira bien!
AUGUSTE
Tu veux voir?
JULIENNE
Dépêche-toi donc!
L'OUVRIER
AUGUSTE
Eh bien ! ferme les yeux.
AUGUSTE
Ferme les yeux, si tu veux voir.
JULIENNE
Voilà !
AUGUSTE, lui attache les boucles d'oreilles, l'emm brasse.
Vlan tarabisco... regarde maintenant comme ça te va !
JULIENNE
Tu es bête! Comment veux-tu que je voie !
AUGUSTE, riant.
Ahl c'est vrai! C'est égal! tu es jolie comme tout.
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