‹ Magasin théâtralChapitre 106 sur 1711 · JULIENNE, AUGUSTE · texte numérisé non relu

JULIENNE, AUGUSTE

La nuit lomLe pendant celte scène ; les ouvriers entrent les uns après les autres, sortent du Lurcau et quittent la cour,

AUGUSTE, montrant Vécrin.

Julienne, vois-tu ça?

JULIENNE

Tiens! la jolie boîte !

AUGUSTE

Ce n'est rien, la boîte... c'est ce qui est dedans.

JULIENNE

Voyons un peu!

Bon ! si tu vois un peu, tu verras tout-à-fait...

JULIENNE

Puisque c'est pour moi.

AUGUSTE

Tu en es sûre?

JULIENNE

Est-ce que ce n'est pas des brimborions de femme î

AUGUSTE

Est-ce qu'il n'y a pas d'autres femmes que toi en ce monde?

JULIENNE

Bah ! est-ce qu'il y en a d'autres pour toi?

AUGUSTE

Jamais, jamais. Et pourtant, vois-tu! si j'étais jaloux, je croirais que mon frère Victor...

JULIENNE

Oh 1 oui, il pense bien à moi, lui!

AUGUSTE

C'est possible! Mais tu penses à lui, toi!

JULIENNE

C'est vrai! parce qu'il devient tous les jours plus triste, plus sombre. Je suis sûre qu'il a un amour malheureux dans le cœur.

Et c'est pour ça que tu le plains... Et moi donc, alors, pourquoi est-ce que tu ne me plains pas?

JULIENNE

Ah ! ça ne t'empêche pas de dormir.

AUGUSTE

Ah! les femmes I ça a toujours pitié des amoureux des autres, et quand elles en ont un tout petit, elles n'ont pas de plus malin plaisir que de le faire enrager.

JULIENNE

Ça distrait de l'ennui de les écouter,

AUGUSTE

Ah! c'est comme ça! Eh bien! ça, vois-ta! je le donnerai à la grande Jeannette.

JULIENNE

A ton aise... Fais voir toujours si ça lui ira bien!

AUGUSTE

Tu veux voir?

JULIENNE

Dépêche-toi donc!

L'OUVRIER

AUGUSTE

Eh bien ! ferme les yeux.

AUGUSTE

Ferme les yeux, si tu veux voir.

JULIENNE

Voilà !

AUGUSTE, lui attache les boucles d'oreilles, l'emm brasse.

Vlan tarabisco... regarde maintenant comme ça te va !

JULIENNE

Tu es bête! Comment veux-tu que je voie !

AUGUSTE, riant.

Ahl c'est vrai! C'est égal! tu es jolie comme tout.

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