SCENE VII
Les Mêhes, VICTOR, habillé avec élégance; ;?uz.5 LOMBARD.
VICTOR
Ils s'aiment!... ils sont heureux !...
AUGUSTE
Ah! te voilà, frère! Mon père a à nous parler.
VICTOR
Je vais l'attendre!
JULIENNE
Merci de votre bouquet, Victor... il est charmant.
AUGUSTE
C'est ça, quatre méchantes fleurs!... Et elle ne m'a pas seulement remercié!...
LOMBARD, sortant du bureau.
Ah! vous voilà, vous autres!... [A part en refjardant Victor.) Toujours le même!...
AUGUSTE
Est-ce que la paie est Unie, mon père?
LOMBARD
Tout-à-fait Unie!
AUGUSTE
Ah!
VICTOR
Permettez-nous de vous rappeler qu'en nous forçant à travailler comme des ouvriers, vous avez consenti à nous payer comme eux.
LOMBARD
C'est juste! Votre compte se monte à quatrevingt francs... voilà une quittance de pareille somme de votre tailleur.
VICTOR
Mais, mon père!...
LOMBARD
Voilà deux mois que vous lui promettez de l'argent sans lui en donner... Je me suis chargé de le satisfaire... Je ne veux pas que mes fils fassent des dettes, entendez-vous?
AUGUSTE, à part.
Oh! si c'est comme ça, gare à mes soixante francs!
VICTOR
Vous avez raison, mon père.
LOMBARD
Si cependant vous avez besoin d'argent, j'ai un travail extraordinaire à vous donner. Il s' agi d'aller vérifier des travaux à faire dans un château voisin... Il faut que cela soit fait demain dimanche.
VICTOR
Excusez-moi, mon père... j'ai engagé toute ma journée.
LOMBARD
Et votre soirée aussi, à ce qu'il paraît I
VICTOR
Ne nous avez-vous pas laissés libres d'en disposer ?
LOMBARD
C'est juste !
VICTOR
Si cependant vous me défendez de sortir, je res* erai.
Je ne vous le demande pas. {A part.) Ah! il cassera plutôt que de plier. Non ce n'est pas là mon fils, mais il faut être juste pour tout le monde. {Haut.) Quant à toi, Auguste, voilà aussi ta quinzaine!...
Il lui passe un papier.
AUGUSTE, regardant.
Oh ! le mémoire du traiteur ! comme c'est régalant... et Roussillon qui m'attend!...
LOMBARD, à Julienne.
Diable! tu as de bien belles boucles d'oreilles.
JULIENNE
C'est le cadeau d'Auguste !
AUGUSTE
Prends garde de le perdre...
LOMBARD, bas à Julienne.
J'ai laissé de l'argent sur le bureau... prête-lui quelque chose...
JULIENNE, bas.
A Victor?
LOMBARD, bas.
A Victor?... oui, à tous les deux... ( Haut. ) Jacques, je sors... veille bien sur la porte,..
VICTOR
Voulez-vous me perruettre de vous accompagner?
LOMBARD
Oh ! nous n'allons pas probablement du même côté.
JULIENNE, bas à Victor.
J'ai à vous parler.
AUGUSTE , dans un coin du théâtre.
Quel guignon !... chien de sort ! quel guignon I
LOMBARD
Eh bien ! qu'est-ce que tu as pour te démener comme ça ?
AUGUSTE
Pardieu! c'est parce que je n'ai rien que je me démène.
LOMBARD
Est-ce que par hasard les boucles d'oreilles attendent après la quinzaine?
AUGUSTE
Juste!... il faut les rendre ou les payer; et cherche... ça sonne comme une mie de pain dans un bonnet de coton.
LOMBARD, à part.
Je ne peux pourtant lui laisser emprunter de l'argent à sa cousine pour payer son cadeau. AUGUSTE, à jmrt.
Il met la main au gousset.
LOMBARD, bas.
Pas devant Victor... ( Fa««. ) Voyons 1 teuxlu aller au château à la place de ton frère?
Tout de suite , si c'est pour gagner de l'argent...
LOMBARD
Eh bien! viens me faire la conduite un bout de chemin... je te dirai où c'est et ce qu'il y a à faire.
AUGUSTE, à pari.
Je tiens mes soixante livres.
LOMBARD
Jacques, je vais chez le voisin Bonnard pour lui dire que son argent est prêt pour lundi. Je rentrerai tout-à-l'heure; fais bien attention à la porte...
JULIEN>E
Bonsoir, mon oncle !
LOMBARD
Bonsoir, ma fille, bonsoir!
VICTOR
Bonsoir, mon père.
LOMBARD, à Auguste, sans regarder Victor.
Allons! viens-tu, toi?
VICTOR
Ah ! toujours la même dureté !
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