SCENE Y
Les Mêmes, M-e DE RUTNER.
CHARLOTTE, Courant à elle.
Mère, comme vous êtes troublée! qu'avez vous?
LA COMTESSE
C'est que je viens d'apprendre par Frantz le départ imprévu de votre père.
CHARLOTTE
Parti pour long-temps, ma mère !
M"* DE RUTNER.
Je ne sais, et je ne puis comprendre... et puis, en arrivant au village, j'ai remarqué un air d'inquiétude sur toutes les flgures; j'ai interrogé, on m'a répondu vaguement. On parle d'une première affaire qui aurait eu lieu ce matin entre les Français et nos troupes.
CHARLOTTE
O mon Dieu ! on se serait déjà battu !
CISKA.
Mais il est donc passé des courriers ?
M™e DE R0x>'ER,
Non, et rien n'est certain : ce ne sont encore que des bruits, de ces nouvelles qui courent et grandissent, sans qu'on sache d'où elles viennent, et que l'air porte plus vite que tous les messagers. On dit que nos troupes auraient été repoussées.
CISKA.
Ce sont de faux bruits qu'on se plaît à répandre.
M^e DE RUTNER.
Je n'ai pas voulu rester plus long-temps dans 1 incertitude, et en rentrant, j'ai envoyé Frantz jusqu'à la grande route.
CHARLOTTE
Quelle vilaine chose que la guerre! {Bruit) Ecoutez, ma mère, c'est le bruit de la porte vitrée qui retombe... Frantz ne pcdt. pas encore être revenu. '
Frantz aj,tv.reja porte.
CISKA,
C'est lui, cependant.
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