‹ Magasin théâtralChapitre 126 sur 1711 · SCENE YII · texte numérisé non relu

SCENE YII

Les Mêmes, M. DE MONNERAIS.

H. DE MONNERAIS, clu fond et à part en entrant. Madame de Gèvres... de la prudence.

Mine DE GÈVRES, avec un calmc affecté.

Bonjour, monsieur le baron; je suis charmée de

vous rencontrer ici...

M. DE MONNERAIS.

Je devine aisément le motif qui a dû vous y conduire; et je ne m'étonne pas de cette démarche dictée par votre générosité.

M"^ DE GÈVRES

Si j'en crois quelques propos qui m'ont été rapportés, la vôtre serait moins bienveillanto pour cette famille...

M. DE SIONNERAIS, à part.

Que veut-elle dire? [Haut.) Je vous jure qu'elle n'a rien que de bien simple et de bien naturel.

jiracDE GÈVRES, examinant M. de Monnerais.

En effet, on vous a dérobé des bijoux; ce jeune homme se trouve en avoir aclicté qu'il soupçonne avoir été volés; et il est très-naturel de supposer que ce peuvent être les vôtres.

M. DE MONNERAIS, à pari.

Elle le sait... de l'assurance, ou je suis perdu I ( Haut. ) C'est une supposition bien peu vraisemblable; et il faudrait un hasard bien extraordi-

naire! Mais enfin j'ai voulu savoir à quoi m'en tenir, et voir ces bijoux...

M'"^ DE GÈVRES, vivement.

Ces bijoux... les voici.

M. DE MONNERAIS, à part.

Ce sont eux...

Mioe DE GÈVRES, avec forcB.

Eh bien 1 monsieur; vous voyez que ce n'était pas une supposition si invraisemblable, un haisard si extraordinaire; car ces bijoux... M. DE MONNERAIS, froidement.

Ne sont pas ceux qui m'ont été dérobés.

LoinLard, ses fils et Julieiiae, qui jusque là ont e'coute's, se ictireat à l'écart.

Bime DE gM'RES, plus vivement.

Ce ne sont pas eux... quoi! vous ne les reconnaissez pas 7...

M. DE MONTERAIS

Non, madame, non, je ne les ai jamais vus.

M"^ DE GÈVRES

Vous ne les avez jamais vus, monsieur? mais ce sont ceux que portait rinfortunéeLaura...dans ce triste voyage où elle fut assassinée sous vos yeux, au village de Sautnoy.

LOMBARD, du fond, à part.

Au village de Sautnoy !

M. DE MONNERAIS.

Vous avez raison, en effet... mais depuis vingtquatre ans que cet affreux événement s'est passé, j'ai pu oublier la forme de ces bijoux, et ne pas les reconnaître au premier coup d'œil.

LOMBARD, à part en s' approchant.

Depuis vingt-quatre ans...

M™e DE GÈVRES.

Oui, monsieur. Et après vingt-quatre ans, ce serait un hasard bien plus extraordinaire de retrouver ici ces bijoux, qui ont été volés par des soldats prussiens, que de croire qu'ils sont restés dans vos mains.

LOMBARD, vivement, à jlJmc d^, Gcvres.

Il y a vingt-quatre ans, à Sautnoy, une jeuno dame, dites-vous, a été assassinée et volée par des soldats prussiens ?

M""i DE GÈVRES.

Sans doute !

LOMBARD

Mais la date... la date certaine de cet événement ?

M™c DE MONNERAIS.

Ah! pour cela je ne l'ai pas oublie; c'était le 20 novembre 1793.

LOMBAIU).

Le 20 novembre 1793 !

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