‹ Magasin théâtralChapitre 127 sur 1711 · LOI! BAR D · texte numérisé non relu

LOI! BAR D

C'était une jeune femme de vingt ans ?

M""' DE GÎiVlVliS.

Oui.

LOMCAKU.

D'une taille élevée?

M'"<^' DE r,?:Tr,ES.

Oui.

LOMBARD

Les cheveux blonds ?

KL^e DE GÈVRES.

Oui,., oui...

LOMBARD

Voyageant en voiture avec un homme ?

mme GÈVRES.

C'était M. de Monnerais.

LOUBARD.

Et elle était sur le point d'accoucher ?

M^^e DE GÈVRES.

D'où le savez-vous ?

LOMBARD, rt M. de Monnerais.

Et vous dites qu'elle a été assassinée par des soldats prussiens avec son enfJnt.

V M. DE MOjXNERAIS.

Oui, "monsieur.

LOMBARD

Vous mentez, monsieur l

m. DE MONNERAIS.

Elle est morte assassinée , monsieur; je vous dis qu'elle est morte,

LOMBARD

C'est vrai ; mais elle est morte sans doute d'épouvante et de douleur, morte pour avoir été làchemetit abandonnée par celui qui l'accompagnait ; (à ij/nie cle Gèvres) mais elle n'est morte, madame, qu'après avoir donné le jour à un enfant.

M™<= DE GÈVRES

A. un enfant?

LOMBARD

Oui, madame, et cet enfant, c'est...

II se retourne, et reste immobile et éperdu en regardant Victor et Auguste.

M™"' DE GÈVRES

Eh bien I... c'est...

LOMBARD

C'est... regardez, madame... les voilà tous deux, depuis vingt-quatre ans que je les ai retrouvés dans ma cabane , couchés dans le même berceau près du lit où était ma femme et cette étrangère, mortes toutes deux. Je n'ai pas osé choisir ; voyez si vous avez plus de courage que moi.

M™'= DE GÈVRES

Mais que voulez-vous dire? mon Dieu! je no puis vous comprendre.

Lombard va à un secrétaire qu'il ouvre. M. DE MONNERAIS.

Ehl madame, ne rougissez-vous pas d'écouter les mensonges de ce misérable? et lui-même, oserait-il les dire devant vous s'il en comprenait toute la portée?

LOMBARD

Je ne sais, monsieur, ce qui peut en arriver, mais sans doute je le savais encore moins lorsqu'il y a vingt-quatre ans je fis dresser cet acte par le maire du village de Santcnoy. .. Lisez, madame !

M^e DE GÈVRES^

Donnez, monsieur...

LOMBARD, pendant que M'^'^ de Gèvres lit. Vous voyez, madame... «Le 20 novembre 93.»

M™*^ DE GÈVRES, tout en lisant.

Oui, oui.

« Une femme arrivée en voiture.»

M'"^ DE GÈVRES

Oui.

LOMBARD

Voyez son signalement... retrouvée morte dans ma cal)ane.

M^e DE GÈVRES.

Oui, oui.

LOMBARD

Voyez les deux en fans.

M^ûe DE GÈVRES.

Grand Dieu !. .. écou tcz !

H. DE MONNERAIS.

Que va-t-elle apprendre?

M™e DE GÈVRES, Usant.

« Nous avons remarqué que, par une précaution » bien naturelle, le chirurgien qui avait accouché » la femme de Lombard et l'étrangère avait mar- » que chaque enfant d'un signe particulier.

VICTOR et AUGUSTE.

Ociel!

M"^ DE GÈVRES

o L'un d'eux portait au bras droit une incision » cruciale. »

La voilà...

M"'<= DE GÈVRES

« L'autre en portait une au bras gauche. »

AUGUSTE

La voilà !

m'°'^ DE GÈVRES.

Ainsi l'un de vous deux serait...

M. DE MONNERAIS, à part.

Ah! c'est vrai !

LOMBARD

Oui, madame, l'un d'eux n'est pas mon fils ; mais achevez... ( Il reprend le papier et lit.) « Mais nous n'avons pu découvrir le secret de » cette marque; car le chirurgien qui l'avait faite, » et qui seul pouvait dire à quelle mère appar- » tenait chacun de ces enfans, a été trouvé mort » sur le seuil de la cabane, et l'homme qui ac- » compagnait celte femme étrangère avait dis- » paru. »

M. DE MONNERAIS, à part.

Je respire !

LOMBARD

Ainsi, madame, malgré tous mes efforts, nous resterons tous dans la même ignorance.

M"<^DE GÈ^TiES, regardant Victor et Auguste. L'un d'eux !

Oui, ma mère.

• ja""> DE GÈVRES, allant à Victor.

Ahl c'est lui sans doute, ou peut-être... Oh I

L'OUVRIER

venez tous deui, venez que je vous regarde, mon cœur devinera... Mais ma vue se trouble, jepleure, je ne puis voir... Ah! mon Dieu, éclairez-moi... {Allant à M. de iJionnerflj*.; Mais VOUS, monsieur, vous devez savoir...?

M. DE MONERAIS.

Je ne sais rien, madame, que ce que je vous ai dit, et je ne me laisse pas abuser par des imposteurs qui voudraient usurper l'une des plus riches fortunes et l'un des plus beaux noms de France; et il faudra d'autres preuves que ces misérables allégations avant que l'un des fils de M. Lombard soit reconnu marquis de Gèvres.

LOMBARD, SES FILS, et JULIENNE.

Marquis de Gèvres !

M'"* DE GÈVRES

Oui-, car cette infortunée était ma bru, la femme de mon malheureux fils.

VICTOR, à part.

Marquis de Gèvres 1

ACGDSTE, à Eugénie.

Ça doit être lui.

EUGÉNIE, à part.

Ah ! mon Dieu, quel espoir !

JULIENNE, à part.

Pauvre Julienne !

LOMBARD, à part.

Comme ils ont l'air content!

M"e DE GÈVRES.

Ah! rien, rien pour nous éclairer!

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