SCENE IV
JEAN, GRAINDESEL, ANDRÉ, MATHIEU LOUCHARD, Matelots, Mousses.
ANDRÉ
J'en suis fûché, mais c'est comme ça... j'y tiens, et je ne céderai pas, entends-tu, Mathieu Louchard!
MATHIEU
Ni moi non plus, je ne céderai pas.
JEAN, allant s'interposer entre eux.
Eh bien ! eh bien ! qu'est-ce que c'est? qu'estce que c'est? que diable avez-vous donc?
LE PARISIEN
Unequerelle, une dispute! entre deux amis, deux vieux camarades 1... en v'ià une mauvaise farce !
ANDRÉ
Deux amis... c'est vrai, j'ai un faible pour Mathieu Louchard. Nous ne nous sommes jamais quittés : il a été mon matelot avant d'être mon supérieur, et puis c'est un malin, et même lorsqu'il a tort, il trouve encore moyen de me prouver qu'il a raison ; mais cette fois-ci je n'entends, pas de c't' oreille-là... Pourquoi qu'il est égoïste? pourquoi qu'il veut que tout soie pour lui et rien pour les autres ?
MATHIEU
Et pourquoi, matelot, te permets-tu de me tenir tête, à moi, maître d'équipage?
ANDRÉ
Il n'y a pas de maître d'équipage qui tienne, et le grade ne fiche rien a la chose... c't honneurlà m'appartient, je le réclame.
MATHIEU
Du tout, c'est moi qui l'aurai,
ANDRÉ
C'est moi!
MATHIEU
C'est moi!
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