‹ Magasin théâtralChapitre 1397 sur 1711 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

ANITA, JULIE, AMÉNAÏDE, pais JEAN- NETTE.

ANITA

Qu'allons-nous devenir ? Moi , d'abord, j'ai donné ma foi , et je n'en ai qu'une... je ne peux plus en disposer.

JULIE

C'est juste.

AMÉNAÏDE

Certainement, j'aime papa de tout mon cœur ; il est bon , il est sensible... mais c'est un tvran.

LA CACHUCHA

Oh! oui!

ANITA

Nous n'avons qu'une chose à faire... et si vous m en croyez , nous nous coaliserons... , nous disputerons... , nous nous révolterons.

JULIE

Oui... oui, révoltons-nous. (Chantant.)

Conspirons, conjurons..

TOUTES TROIS

Vive l'insurrection !

JEASSETTE , entrant.

Ah ! ben ! quoi que vous avez donc , mesdemoiselles ?

AMTA.

Nous sommes en pleine révolution.

JEANNETTE

Ah! ben ! v'ià du renfort qui vous arrive...

TOUTES TROIS

Que veux-tu dire ?

JEANNETTE

Je veux dire que ces trois militaires si galants, et qui venaient à la classe de danse... enfin vos trois amoureux.

TOUTES TROIS

JEANNETTE

Ils viennent d'arriver de leur garnison.

aménaïde.

Est-il possible ?

JEANNETTE

Pardine... c'est le tambour qui me l'a dit., et même ils seront ici dans une demi-heure.

ANITA

Ah ! mon Dieu!., mais notre situation se complique.

JEANNETTE

Qu'est-ce qu'il y a donc ?

JULIE

Mon père vient de nous dire de nous préparer à recevoir trois prétendus.

JEANNETTE

Trois prétendus! ah ! j'y suis... c'est ces trois objets qui arrivent de Guéret, en Auvergne.

AMENAÏDE.

En Auvergne!.. O ciel! des Auvergnats..., mais c'est affreux.

JEANNETTE

Je ne sais pas si c'est affreux , je ne les ai pas vus... mais dans tous les cas, ça ne peut pas valoir trois jeunes et beaux troubadours.

JUHE.

N'est-ce pas ?

AMÉNAÏDE

Que faire ?

JEANNETTE

Je n'en sais rien , ma foi !.. avec ça que le temps nous presse... les militaires vont venir... et quoi que je leur dirai , moi ?

ANITA

Si nous pouvions leur parler, ils trouveraient peut-être un moyen.

AMÉNAÏDE

Oh ! oui !

JEANNETTE

Joliment !... s'ils vous parlent vous vous lamenterez ensemble pendant une heure, et vous n'en serez pas plus avancés.

AMÉNAÏDE

Comment ! à nous trois nous n'aurons pas une idée!

JEANNETTE

Attendez-donc... il m'en passe une.

TOUTES TROIS

Voyons.

JEANNETTE

Les autres qui viennent de là-bas... les Auvergnats, comme vous les appelez, ils croyent en arrivant ici qu'ils vont trouver des femmes aimables et spirituelles.

JULIE

Je l'espère bien.

JEANNETTE

Eh bien !... faites semblant d'être simples , gauches, niaises... ayez même l'air timide... ça vous va-t-il ?

AMÉNAÏDE

Mais pourquoi faire?

JEANNETTE

Vous ne devinez pas?... pour les forcer à vous refuser.

AMÉNAÏDE

C'est bien désagréable de se cacher sous des apparences si trompeuses.

JEANNETTE

Air : Il faut avoir perdu l'esprit.

Je ne vois pas d'autre moyen.

ANITA

Comment nous donner un air bête?...

JEANNETTE

Ma fin', si vous êtes coquette , Moi je ne réponds plus de rien.

AMÉNAÏDE

Ce rôle est bien triste, ma chère...

Ah ! dam' ! c'est pour votre bonheur.

ANITA

On voudrait bien ne pas leur plaire , On ne veut pas leur faire peur.

JULIE

J'entends du bruit.

AMÉNAÏDE

Ce sont eux, sans doute.

ANITA

Allons nous concerter, Jeannette les recevra.

JEANNETTE

Oui , c'est ça , allez vite. (Elle les fait sortir par une porte latérale.) Concertez-vous, et donoeï un coup-d'œil à la broche.

LA CAGHUCHA.

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