SCENE XYI
AUGUSTE, M. DE MONNERÂÏS, ROUSSIL- LON.
M. DE MONNERAIS.
Qui est là?
BOCSSILLO».
Moi!
M. DE MOXNERAIS.
Eh bien ! hâtons-nous ; je vais te chercher ton argent. {Il ressort.) Maintenant, je suis sauvé!
ROUSSILLON
Prenons mes papiers. Je tiens donc mes quinze mille francs ; et pour ce qui en reviendra à Auguste... (// va à la cheminée, et il sent les jambes d'Auguste.) Ah! gredin!...
AUGUSTE , bas.
Pas un seul mot, ou j avale le trésor.
M. DE MOSNERAIS, entrant.
Roussillon.
ROUSSILLON, bas à Auguste.
Va donc pour les trente mille francs.
M. DE MONTERAIS, entrant avec une boutjie. Eh bien! où sont ces papiers?
ROUSSILLOÎf.
Où est mon argent, d'abord.'
M. DE M0N>ERA1S
Mon argent?.. As-tu pensé un moment que je souscrirais a cet int'àme marché?
ROUSSILLON
Qu'est-ce que ça veut dire?
M. DE MONNERAIS.
Que, si tu ne me rends pas ces papiers, je te fais sauter la cervelle !
AUGUSTE, accroupi derrière la table, bas. Tu vois... tu vois...
ROUSSILLON
Me faire sauter la cervelle! mais c'est un assassinat!
M. DE MON.>ERAIs.
Tu t'es introduit ici comme un voleur!... je te surprends ! et c'est eu me défendant que je t'aurai frappé... je ne crains plus rien :... Allons, vite, obéis.
ROUSSILLON , bas a Au(juste.
File à la fenêtre [Haut.) C'est comme ça?.. Eh bien! ces papiers, je ne les ai pas.
M. DE MONNERAIS.
Tu ne les as pas V ROUSSILLON, allant de l'autre côté de la scène.
Retournez mes poches. . cherchez bien... ils n'y sont pas. Ah! je me doutais de ce que vous vouliez faire, monsieur le baron ; entre gens du métier, on est prudent.
M. DE MONNERAIS.
Quoi ! tu n'as pas ces papiers?
Nonj car les voici.
LE BARON
Misérable !
AUGUSTE, ouvrant la fenêtre.
Pas un geste, pas un pas.
LE BARON
Oh! j'aurai ta vie, du moias!
AUGUSTE
Etmoi, je jettece papier a mon frère, à M^^ do Gèvres, à tous ceux qui l'attendent en bas.
LE BARO.N
0 rage!
AUGUSTE
C'est dur, mais c'est comme ça... maintenant, soyez prudent; tout s'arrangera en famille, sans que personne se doute de rien.
ROUSSILLON
Nous sommes volés tous les deux.
LE BARON
Jamais... jamais...
AUGUSTE
En ce cas, a la garde de Dieu.
Arrêtez.
VOIX, en dehors.
Auguste, est-ce toi? ouvre-nous.
AUGUSTE
Décidez !... décidez-vous. . et comme je ne peux pas tout faire... Allons! soyez aimable... allez ouvrir la porte à M^i^ de Gèvres, a mon frère, qu' s'ennuient d'attendre.
M. DE MONNERAIS.
Oh ! je me vengerai !
AUGUSTE, à Roussillon.
Et toi, file dans la bagarre, et va te faire pendre
ailleurs.
ROUSSILLON, ôte la bouijie des chandeliers d'argent, la met dans le goulot de la bouteille, et emporte le chandelier en disant :
Pour voir si on ne m'a pas dérobé l'argent de
Lombard.