‹ Magasin théâtralChapitre 16 sur 1711 · GENEVIÈVE, MARIE · texte numérisé non relu

GENEVIÈVE, MARIE

GENEVIÈVE

Je n'ai pas été maîtresse de moi, je me suis emporU'c... j'ai eu tort; mais toujours à la vue de cet

homme-..

MARIE

Allons, ne songez plus à lui; vous voyez bien que nous sommes seules à présent... Mon Dieu ! vous étiez si joyeuse cematin! Pourquoi faut-il...

GlîNEViÈVE.

Oui, cematin... et ça va revenir, je l'espère bien.

MARIE

Avec lui, avec votre fils.

GENEVIÈVE, se levant.

/ Pierre!... il tarde bien!... je suis d'une impatience. .

Et moi donc!... il a été si bon pour moi, M. Pierre; avec vous, il a pris soin de mon cn- 'mce... de près comme de loin, il n"a pas cessé un instant de songer à la pauvre Marie... ellorsqu^il est venu ici, il y a deux ans, pendant ie.s six mois qu'il a p;\ssés auprès de nous, que de soins, quelle affection tendre et généreuse!... aussi, jamais ses bienfaits ne sortiront de ma mémoire... je vous aime comme une mère... et lui , lui qui est votre fils, mais qui m'appelle, ainsi que vous, sa lille, je ne sais si jedoisi'ainiercommeunfrère, ou comme un père.

GENEVIÈVE, à part.

Un frère ou un père!... ce n'est pas mal; mais il faudra qu'elle l'aime encore autrement.

KIARIE.

Plaît-il? je n'entends pas...

GENEVIÈVE

Rien, rien, mon enfant. {A part.) Pierre, tu l'as voulu... je t'ai promis de ne pas lui direunmotde notre projet, et, quoi qu'il m'en coûte, je tiendrai ma promesse.

SIAHIE, à part.

Qu'a-t-elle donc à se parler ainsi? {Haut.) Ma mère, expliquez-moi donc une parole, une seule, que je n'ai pas bien comprise dans ce que vous avez dit tout-a-l'heurc ù M. Miithicu.

GEPTEVIÈVE.

Une parole !... quoi donc?

Vous avez dit , oh ! oui, je me le rappelle, j'en suis bien sûre, vous avez dit : Marie est promise. GENEVIÈVE , avec embarras.

Promise!... ah! j'ai dit cela ?

MARIE

Oui, ma mère; et vous avez ajouté : Elle sera la femme d'un brave et honnête homme.

GENEVIÈVE, à part.

Ah! sainte Vierge !... comment me tirer de là? Et ma promesse I...

MARIE

Eh bien! oh! parlez, parlez vite, cela me regarde un peu, ma mère, et j'ai bien le droit d'être curieuse.

GENEVIÈVE

C'est juste, c'est juste, mon enfant. ( Elle lui fait signe de regarder si personne ne peut les entendre, et dit à part ;) Au moins, ne lui disons que la moitié du secret, ce sera toujours autant de sauvé pour l'acquit de ma conscience.

MARIE

Personne ne nous écoute... j'attends.

GENEVIÈVE

Apprends donc que Pierre m'annonce dans sa dernière lettre qu'il veut te donner un mari.

MARIE

Ah! un mari... et il vous annonce en môme temps, sans doute, quel est celui qu'il a choisi?

GENEVIÈVE

Oui, il me l'annonce...

MARIE

Un marin, peut-être.

GENEVIÈVE

Précisément, un marin... un lieutenant de vaisseau.

MARIE

Ahl comme M. Pierre.

GENEVIÈVE

Juste... comme lui.

MARIE

Et... c'est... un jeune homme?

GENEVIÈVE

Dame!... oui, c'est un jeune homme. {A part.) Quarante-deux ans, c'est le plus bel âge pour se marier.

MARIE

Et je vais le voir bientôt ?

GENEVIÈVE

Oui, bientôt.

MARIE

Aujourd'hui.

GENEVIEVE

Dans un instant.

ici?.,.

îci.

GENEVIÈVE

MARIE

Mais, ma mère, vous n'y songez pas... nous n'avons plus que la chambre réservée à M Pierre. lillc montre le petit pavillon 'a la droite du puLlic.

LE [NAUFRAGE DE LA MEDUSE

GENEVIÈVE

Eh bien! il la partagera.

MARIE

Ah: c'est juste... entre amis...

GENEVIÈVE

Oui, ton prétendu est le meilleur ami de mon Qls.

MARIE

Son nom?

GENEVIÈVE

Sonnera?.. {A part.\ 0\\'. ma foi, Pierre en dira ce qu'il voudra, mais je n'y tiens plus. (JïoMt.) Apprends donc, ma chère amie...

MARIE

Quoi ?

GENEVIÈVE

Rien, rien, tu es trop curieuse.

Elle rentre.

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