STÉ.-VO
Ah 1 quelle aurait été la joie de la pauvre mère, d'assister au mariage de sa Fideline. JOBARDISES, à part.
Bon ! voilà le mariage revenu. . . ce sculpteur a une idée fixe... {haut). Mais pour se marier il faut qu'on aime. . . et je me suis jamais aperçu que mademoiselle Fideline. . .
Aveugle. . . quand tu avais mérité quelque correction, qui te protégeait contre ma eolère?
JOBARDISES.
Elle, çà c'est vrai!...
STÉSO.
Quand tu n'avais que du pain sec, qui ajoutait quelques fruits à ton repas ?...
JOBARDISES.
Tiens, c'est vrai. Je me rappelle qu'elle m'a donné des guignes. . .
STÉSO.
Tu vois donc bien. . .
JOBARDISES.
Vous croyez que ces guignes, c'était de l'amour. . .
STÉSO.
Sans doute. . . D'ailleurs je me suis aperçu que de ton côté.
JOBARDISES.
Eh bien ! de mon côté. . .
STÉSO.
Tu la regardais avec des yeux. . .
JOBARDISES.
C'est ma seule manière de voir. . .
STÉSO.
Tu l'aimes, te dis-je.
JOBARDISES.
Comme c'est drôle.
Air : Et voilà comme tout s'arrange.
Un sage a dit a\ec raison Que le cœur peut s' tromper lui-méne, Je croyais qu'r'était Margoton Qu' j'adorais d'un amour extrême Je sa\aii bien qu' mon cœur batt»it Que l'amour causait mon martyre Mais sans saToir pour qui c'était ; C'est pour vol' fille à c' qui parait Vous atez très-bien fait d' me 1' dire. STÉSO.
Comment, tu avais cru aimer Margoton.
JOBARDISES.
Dame oui... à preuve qu'elle ne s'est arrêtée au village voisin que pour faire l'acquisition de sa robe de noce avec le bouquet de fleur d'orange... j'vas vous dire, ?4argoton me disait toujours des bêtises et les bêtises çà fait rire... alors quand on rit. .. mais puisque vous m'assurez que c'est mamzellevot'fille. . .
STÉSO.
Sans doute. . .
MARGOTOS, en dekon.
Monsieur Sténo, Monsieur Sténo. . .
STÉSO.
Ah! justement voilà Margoton.
JOBARDISES.
Enfin nous allons pouvoir quitter cette forêt.
STÉSO.
Par ici, Margoton, par ici. . .
JOBARDISES.
Tiens, elle a déjà sa robe de noce... c'est égal ça ne va pas m'empêcher de lui dire que je me suis trompé d'inclination.