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SCÈNE IV

MARGOTON, JOBARDINÈS.

JOBARDINÈS.

Ah! je me précipite sur ses pas [il va jusqu'au fond; mais, arrivé prés de la coulisse, Margoton V arrête par h pan de son habit et le fait redescendre à reculons). Voulez-vous me lâcher.

WARGOTON.

Pourquoi donc me fuyez-vous, dites, mon gros lapin.

JOBARDINÈS.

D'abord et d'une, je ne suis plus votre gros lapin. Traiter un millionnaire de gros lapin, quelle inconvenance!

MARGOTON

Eb ! bien non, là, mon petit chat.

JOBARDINÈS.

Chat, lapin, c'est toujours des animaux. , . Le traiteur du village ne fait pas de dilTérence.

Si vous saviez ce que j'ai fait tout à l'heure chez la couturière, j'ai brûlé mes sabots, mes fichus, ma bel le robe des dimanches, et quand j'ai vu tout çà flamber... çà m'a fait rire... çà m'a fait rire...

JOBARDINÈS.

Rire (àpart). Est-ce que cette grosse folâtre aurait perdu la caboche...

MARGOTON

Parce que je me disais, je n'aurai plus besoin de toutçà maintenant que ma petite biche est riche, richissime... elle va m'épouser^ et m'acheter des escarpins diamans, des robes d'or et des camisolles d'argent.

JOBARDINÈS.

D'abord, je ne suis pas plus votre petite biche que je ne suis votre gros lapin et votre petit chat. Je vous prie de ne plus me donner des noms de bêtes... Ensuite je vous préviens que je ne peux plus vous épouser.

MARGOTON

Vous ne voulez plus m'épouser quand j'ai déjà ma robe de noce... Pourquoi !

JOBARDINÈS.

Parce que vous avez abusé de ma confiance.

MARGOTON

Je n'ai abusé de rien, entendez-vous.

JOBARDINÈS.

Non, c'est le minet. Vouloir me persuader que je vous aime quand j'en aime une autre.

MARGOTON

0 ciel ! vous en aimez une autre.

JOBARDINÈS.

Oh ! que vous le savez bien... vous voos disiez : épousons, épousons toujours et si plus tard l'amour qu'il couve pour raamzelle Fidéline se déclare, ma foi, tant pis pour lui il s'arrangera comme il voudra.

MARGOTON

Fidéline, ma jeune maîtresse, vous l'aimez d'amour.

JOBARDINÈS.

Je l'aime de confiance... son père prétend quej'en suis fou...

MARGOTON

C'est possible... Mais en tous cas, Fidéline ne vous le rend pas.

JOBARDINÈS.

Et pourquoi, Margoton ?

MARGOTON

Parce qu'elle en aime un autre.

.lOBARDINÈS.

Et quel est cet autre ?

MARGOTON

Oh ! je n'en suis pas bien sûre, mais j'ai crr m'apercevoir que le petit Xonio...

LA FILLE UL" CIKL

.lOBABDIiMÈS, flVCC 7»'/>orMHC('.

Cet orphelin que monsieur Sténo a eleve par charité... lidonc!... un enl'antl...

M.VRGOTO?!.

Oui... un enfant qui est plus malin que

toi.

joBARDiTNÈs, irrite.

Que toi!... cette fille me tutoie... Margoton je vous défends de me parler autrement qu'à la troisième personne.

MARGOTOX.

Eh bien ! soit! Monsieur sera content*

JOBARDIÎXÈS.

Oh! très-bien.

MARGOTO^i.

Mais je dirai à Monsieur.

JOBARDISES.

De mieux en mieux.

MARGOTO^'.

Que tu n'es qu'un imbécile.

JOBARDISES.

Un imbécile.

MARGOTOIN.

Un ingrat.

JOBARDIKfÈS.

Un ingrat... Sortez.

MARGOTOS'.

Sortir... est-ce que la forêt n'appartient pas à tout le monde.

JOBARDISES.

Ah! j'étoufferais de rage si je n'étais pas ! millionnaire.

MARGOTOS.

Mais je m'en vais... parce que vous me faites pitié.

JOBARDIINÈS.

Pitié, ça m'est égal... la pitié n'est pas de l'amour.

MARCOTOX.

Air : Du réveillon au 5' étage.

Vos millions îi'excitent pas mes tentations Lorsque l'on est ingrat et »ot On ne saurait en avoir trop.

A tout jamais pour tous mon eœur le ferme Aussi de peur d'éprouTer un échec Sans plus larder je retourne à la ferme El je TOUS laisse tout seul avec toi millions.

Ah ! nous verrons

Qui doit un jour profiter de ™^ dons,

Tous Tos regrets seraient superflus, Allez mamzel' 1 . •„ i ,

Kon. non, monsieur j J« °' vous aime plus. Eilc s'éloigne

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