SCÈNE VI
JOBARDINES, STÉNO, Les Buchebons.
Air : Du NaulVag» de la Médnse.
Que Toulez-Tous De nous .* Vite, parlez, nous ToicI tous t De TOUS servir Vous obéir J'ai le désir.
Camarades, voulez- vous gagner une bonne somme?
LES BICHEROKS.
Parlez.
STÉIXO.
Voulez-vous détruire un préjugé que trop longtems a entretenu la superstition populaire ?
tl>' BlCHER0>.
Que faut-il faire?
STÉKO.
Abattre cet arbre.
TOT s, reculant avec frayeur.
L'Arbre du Diable.
Allons, un ducat à qui portera le premier coup de cognée {les bûcherons hésitent). Deux ducats {même jeu). Dix ducats !
JOBARDi:>£S.
Les capons !
Vingt ducats !
LE BucHERo:v, jetant sa cognée.
Jamais !... Si le fer porte à cet arbre une entaille sacrilège, les plus grand» fléaux se répandront sur notre contrée.
STÉAO.
Eh bien ! puisque nul de vous n'est assez fort jiour entreprendre celte tâche... c'est donc moi qui l'iu complirai ( il prend la hache du, bûcheron, s'élance vers l'arbre et fait une pre- I mière entaille). Voyez... le tonnerre n'a pas grondé^ la terre n'a pas tremblé sous nos pas...
joBARDoÈs, s'upprochant de l'arbre.
C'est que c'est vrai pourtant... il lui a fait une entaille... Voyons donc un peu {il s'approche... l'arbre lui donne un s^uffltt). Ah I
que c'est bête... voilà bien une farce de bûcheron.
STÉNO
Encore quelques coups de cognée et cet arbre sera renversé comnne les autres.
Il frappe ua secoad coup.
JOBARDINÈS.
Oh! ceUii-là est bien appliqué (r7 regarde en l'air l'arbre lui donne un coup de pied) . Bûcherons, je vous préviens que vos plaisanteries me déplaisent.
STÉNO, s'élançant encore vers l'arbre.
Et maintenant j'aurai mon modèle {il vtut s'avancer. Le tonnerre gronde... Les éclairs flamboient, il recule malgré lui). Quelle force inconnue m'a repoussé ainsi ?
JOBAUDiAÈs, tremblant.
Du courage, maître, du courage.
STÉNO
Oui... j'en aurai et dussé-je moi-même.
Il veut s'avancer. Le tonnerre redouble. . . Les bûcherons ssisis de frayeur se placent devant lui en le menaçant de leur» cognées.
CHOEUR DE BUCHERONS.
Air nouveau de M. Guénée.
Arrête misérable Toi qui veux attirer snr nous En abattant l'arbre du diable.
De l'esprit infernal la haine el le courroux. Sténo se dégage, leur échappe; porte un dernier coup à l'arbre. Rocaillon, délivré, saute à terre, A sa vue les bûcherons s'enfuient. Jobardinès tombe la face contre terre. Sténo reste terrifié.