‹ Magasin théâtralChapitre 1700 sur 1711 · SCENE VIIÏ · texte numérisé non relu

SCENE VIIÏ

Le Fed Follet.

La ritournelle de l'air suivant commence à l'orciiestre. On \o:t un feu follet traverser lentement le théâtre et venir se reposer sur la tombe de .Marianna. — C'est alors que la voix de Phosplioricl se (ait entendre.

PHOSPHORiiu, derrière le tombeau.

Air .- Musique nouvelle de M. Guénée.

PauTre Phosphoriel tu n'es plus qu'une flamme, Un triste feu follet, un souffle, une lueur, Hélas! j'ai tout psrdu pour l'amour d'une femme L'immortal té, le bonheur.

On entend sonner minuit.

SCEiNE IX.

FIDELINE, PHOSPHORIEL.

tirnuy-E , entrant 2)endant que sonne l'horloge.

Le voilà. . . Ses frères se sont éloignés, car j'ai bien vu qu'ils me trompaient, elj'ai refusé de les suivre {s'arprochant de la tombe et appelant). Tonio, Tonio, ou plutôt Phosriel est-ce vous ?

PHOSPHORIEL. invîsihle.

C'est moi, Fideline.

FIDELISE.

Pourquoi m'avcz-vous quittée, pourquoi ce changement que je n'ai pu comprendre?

PHOSPHORIEL

Je te l'ai dit, Fideline, les Dieux m'ont puni démon amour. Je ne suis plus qu'une puissance évanouie, n'existant que comme trace du passé.

FIDELISE.

Pourquoi les Dieux vous ont-ils puni de m'avoir aimée. . . J'étais aussi coupable que vous, Tonio, car je vous aimais bien aussi, moi.

PHOSPHORIEL.

Ne te souviens-tu plus de mes paroles ; je t'ai dit que j'avais été chargé de veiller sur toi. . . J'étais le bon ange qui devait te protéger... En trahissant les Dieux, j'ai mérité mon sort.

FIDELISE.

Pauvre Tonio

PHOSPHORIEL.

Il y a dix-sept ans, Fideline, que dans un de mes voyages à Rome... je vis une pauvre mère pleurer sur le berceau de sa fille morte; cette petite fille, c'était toi; la pauvre mère elle repose aujourd'hui dans ce tombeau. FIDELISE, s' agenouillant.

Ma mère!

PHOSPHORIEL.

Tu venais de mourir et moi pour calmer le désespoir de la pauvre Marianna, pour te rendre à ses embrassemcns. . . je retournai dans l'île des Lutins, et notre Reine Miranda alla chercher ton âme dans les Limbes. . .

FIDELISE.

Quel souvenir vous réveillez en moi. . , Oui , dans mes rêves il m'avait semblé. . . ô mes souvenirs. . . mes souvenirs. Attendez ^ je crois m'y voir encore , un palais resplendissant de lumières, et puis des anges, des fieurs, des nuages d'or. . . ô mon rêve, mon bea:i rêve. . . Je vous vois encore Phosphoriel, car c'était vous. . . c'était bien vous qui veniez me chercher... et cette voix, cette voix que j'entendais. . . cette voix si douce. . . attendez que je me rappelle.

Air du n).-iriasc au tambour.

C'est une voix douce et lendro

Qui me disait :

Sur la terre il faut redescendre

Beau feu follet.

Là-bas une femme en prière

S'adresse à moi.

Va donc soulager sa misère Au ciel une seconde mère

Tel. le sur toi.

Oui dans vos bra^ je aïs ma flamme

S'éteindre alors ; Je n'étais plus une seule âme

J'avais un corps.

Et loin de ce palais naguère

Pour moi si beau, Je me retrouvais sur la terre Auprès d'une noutell e mère

Pans un berceau.

80 l'A PILLE

A ce momeut le tonnerre se fait entendre. PHOSPIIORIEL.

Le ciel gronde et la terre s'agito. — Fideline , les tombeaux vont s'ouvrir. . . Ta voix a réveillé ta mère.

Un grand bruit se fait entendre. Tous les tombeaux s'ouvrent et les fantômes reparaissent. L'ombre de Mariaona sort de son tombeau.

Page 1