‹ Magasin théâtralChapitre 194 sur 1711 · MARIE, DUVAL · texte numérisé non relu

MARIE, DUVAL

DIVAI..

Mon Dieu! est-ce que déjà...

MARIE

Duval... que s'est-il donc passé? que signiiient les terribles paroles de cet homme.... DliVAL, courant à la table.

Ah! ma lettre... oui, disparue... oh! c'en est fait , il sait tout.

MARIE

Eh bien !.. parlez, parlez vite.

DUVAL

Marie, il n'y a pas un instant à perdre... il

faut courir après cet homme.... il faut fuir,....

Fermée ! fermée ! ah ! je

(Secouant la porte, suis perdu !

MARIE

Perdu!., dites-vous... pourquoi?

DUVAL

Parce que dans uti instant on sera sur mes traces... on viendra m'arrêter...

MARIE

Oh ! vous me rendez folle... répondez donc, monsieur, répondez... qu'a vez-votis fait....

DUVAL

Ne me repoussez pas avec horreur Marie,... C'est pour vous que j'ai été coupable, (Avec explosion. ) J'ai volé la Banque...

MARIE

Mallieurcux !

DLVAL.

Il fallait vous sauver... J'ai vainement épuisé ma dernière chance de salut ; j'ai vu s'évanouir mes dernières espérances... Je croyais avoir des amis ; mes amis m'ont repoussé.

MARIE

Graïuî Dieu !

DLVAL.

Un seid moyen restait encore, cette Ictlre maudite pourvoira insolent adorateur... la lui porter et mourir, était la scide idée qui me restait en ce moment... Le cœur brûlé de jalousie, de désespoir et de rage , je sortis de chez cet homme... et seulement alors, je m'aperçus que j'étais écrasé sous le poids de l'or et de l'argent que je devais rapporter à la lîan(|ue... Je m'arrêtai, je regardai cet éblouissant trésor... Puis, t^.ma lèlc s'est perdue... je me suis mis à courir,

AClli m, SCÈNE Mil.

sans savoir où j'allais... sans piojfi... sans pc)i-<f^ sée... sans écouter je ne sais quello voi\ de la conscience qui me pailait au dedans de moimême , et je suis arrivé assez à temps pour sauver mon père et ma mère adoptifs , pour vous arracher des bras de cet infâme !

( Il veut s'approclier d'elle.) , . , • MARIE.

Un volî un vol horrible!.. Mais bientôt tout sera découvert.

DUVAL

Oui , car celte lettre qui était là , il n'y a qu'un instant, contenait l'aveu de mon crime ; je l'avais écrite pour mettre le vieux Marignon à l'abri de tout soupçon, pour qu'on n'accusât que moi... Celte lettre , Bidaut l'a lue, Ta emportée, et vous pouvez juger, par ses dernières paroles, de l'usage qu'il en veut faire.

MAUIE.

Eh bien ! que failcs-voui ici ? Partez , partez vile.

DLVAL.

Je ne partirai qu'avec vous.

MARIE

Jamais !

DUVAI,.

N'avez vous pas promis d'appartenir è» celui qui sauverait votre famille et vous-même?

MARIi:.

Je ne savais ce que je promettais, dans ce moment affreux !

DUVAL, se rapprochant.

Écoutez, Marie... vous aimez la richesse, le luxe , et je puis maintenant vous donner luxe et richesse... (Tirant de sa poclic un porlelcuille et une bourse.) Voici de l'or, des billets de banque, toute une fortune... Voyez, vojcz!

MARIE

Laissez-moi!., plutôt mourir que vous suivre, que partager votre crime !

DLVAI,.

Eh bien! viennent la honte, l'infamie, le bagne ; je les attends ! (U s'assied.)

MARIE

Réfléchissez, Duval, puis-je partir avec vous, quand vous êtes encore chargé d'une somme volée...

DUVAL

Eh bien ! je jure solennellement que je restituerai cette somme à la Banque.

MARIE

Et moi, Duval, je jure alors de n'appartenir jamais à un autre! Dieu a entendu nossermens, qu'il vous pardonne vos fautes... el maintenant, fuyez !

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