MARIE, DUVAL
DIVAI..
Mon Dieu! est-ce que déjà...
MARIE
Duval... que s'est-il donc passé? que signiiient les terribles paroles de cet homme.... DliVAL, courant à la table.
Ah! ma lettre... oui, disparue... oh! c'en est fait , il sait tout.
MARIE
Eh bien !.. parlez, parlez vite.
DUVAL
Marie, il n'y a pas un instant à perdre... il
faut courir après cet homme.... il faut fuir,....
Fermée ! fermée ! ah ! je
(Secouant la porte, suis perdu !
MARIE
Perdu!., dites-vous... pourquoi?
DUVAL
Parce que dans uti instant on sera sur mes traces... on viendra m'arrêter...
MARIE
Oh ! vous me rendez folle... répondez donc, monsieur, répondez... qu'a vez-votis fait....
DUVAL
Ne me repoussez pas avec horreur Marie,... C'est pour vous que j'ai été coupable, (Avec explosion. ) J'ai volé la Banque...
MARIE
Mallieurcux !
DLVAL.
Il fallait vous sauver... J'ai vainement épuisé ma dernière chance de salut ; j'ai vu s'évanouir mes dernières espérances... Je croyais avoir des amis ; mes amis m'ont repoussé.
MARIE
Graïuî Dieu !
DLVAL.
Un seid moyen restait encore, cette Ictlre maudite pourvoira insolent adorateur... la lui porter et mourir, était la scide idée qui me restait en ce moment... Le cœur brûlé de jalousie, de désespoir et de rage , je sortis de chez cet homme... et seulement alors, je m'aperçus que j'étais écrasé sous le poids de l'or et de l'argent que je devais rapporter à la lîan(|ue... Je m'arrêtai, je regardai cet éblouissant trésor... Puis, t^.ma lèlc s'est perdue... je me suis mis à courir,
AClli m, SCÈNE Mil.
sans savoir où j'allais... sans piojfi... sans pc)i-<f^ sée... sans écouter je ne sais quello voi\ de la conscience qui me pailait au dedans de moimême , et je suis arrivé assez à temps pour sauver mon père et ma mère adoptifs , pour vous arracher des bras de cet infâme !
( Il veut s'approclier d'elle.) , . , • MARIE.
Un volî un vol horrible!.. Mais bientôt tout sera découvert.
DUVAL
Oui , car celte lettre qui était là , il n'y a qu'un instant, contenait l'aveu de mon crime ; je l'avais écrite pour mettre le vieux Marignon à l'abri de tout soupçon, pour qu'on n'accusât que moi... Celte lettre , Bidaut l'a lue, Ta emportée, et vous pouvez juger, par ses dernières paroles, de l'usage qu'il en veut faire.
MAUIE.
Eh bien ! que failcs-voui ici ? Partez , partez vile.
DLVAL.
Je ne partirai qu'avec vous.
MARIE
Jamais !
DUVAI,.
N'avez vous pas promis d'appartenir è» celui qui sauverait votre famille et vous-même?
MARIi:.
Je ne savais ce que je promettais, dans ce moment affreux !
DUVAL, se rapprochant.
Écoutez, Marie... vous aimez la richesse, le luxe , et je puis maintenant vous donner luxe et richesse... (Tirant de sa poclic un porlelcuille et une bourse.) Voici de l'or, des billets de banque, toute une fortune... Voyez, vojcz!
MARIE
Laissez-moi!., plutôt mourir que vous suivre, que partager votre crime !
DLVAI,.
Eh bien! viennent la honte, l'infamie, le bagne ; je les attends ! (U s'assied.)
MARIE
Réfléchissez, Duval, puis-je partir avec vous, quand vous êtes encore chargé d'une somme volée...
DUVAL
Eh bien ! je jure solennellement que je restituerai cette somme à la Banque.
MARIE
Et moi, Duval, je jure alors de n'appartenir jamais à un autre! Dieu a entendu nossermens, qu'il vous pardonne vos fautes... el maintenant, fuyez !