‹ Magasin théâtralChapitre 21 sur 1711 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

GENEVIÈVE, IVIARIE, PIERRE, ANDRÉ, LE PARISIEN, DANIEL, GRAlNDESEL,

Ouvriers, Matelots et Mousses, Femmes

et Enfans.

Ohé ! ohé ! les autres , par ici , par ici ; tout le moiidesur le pont... ohé! ohé I braule-bas général de boissons et de comestibles.

TOCS.

A table!., à table!

On appoile plusieurs tables toutes dresse'es, et le repas commence.

JEAN

Buvons d'abord au retour de notre brave lieutenant.

TOUS

Vive le lieutenant !

ANDRÉ

A la prospérité, à la gloire dû la frégate la Méduse !

TOCS.

A la gloire de la Méduse!

DANIEL

Ah ! dis donc, Parisien, à propos de la frégate, si tu y rendais le même service qu'à moi ?

LE PARISIEN

Comment?

DANIEL

Si tu y tirais son horoscope ?

GRAlNDESEL.

Approuvé, Champenois, approuvé.

TOUS

L'horoscope de la Méduse!

Matl.leu reparaît sur le devant de la scène dans un coin isolé du jardin. Il écoute.

LE PARISIEN

Attention... suif au chapeau, pipe à la bouche et du grog à discrétion pour les bons enfans; boulons de guêtres, cire à giberne et des cors aux pieds pour les pousse-cailloux; c'est la rocambole du matelot. Attention : La Méduse, par une belle journée d'été, met à la voile sous les ordres du brave lieuîciianl Pierre, qui est nommé coup sur coup capitaine de frégate, vice-amiral, amiral et grand amiral.

ANDRÉ

Fichtre!... vive le grand amiral Pierre!

TOUS

Vive le grand-am.iral !

LE PARISIEN

Lui et son équipage, dont j'ai celui de faire partie, se couvrent de gloire et de lauriers en coulant a fond toute une flotte anglaise ; létranger nous demande \;\hce , et nou^ sommes bons enl'aus, ii'jus lui tcndor.b la main, et nous emme-

nons leurs épouses en captivité, où nous leur prodiguons toutes les douceurs de la vie.

Mouvement bruyantde joie parmi tous ceux qui écoutent.

DANIEL, un peu gris.

Oh! les épouses ! les épouses !

LE PARISIEN leur fait signe de se taire, et conlimie à demi-voix d'un air de mystère, pendant que Mathieu Loucbard écoute plus atteyitivcmoii.

Après deux années de navigation et de combats, nous parvenons, à bord de la Méduse, à tirer le grand homme de l'île Sainte-Hélène, et nous achevons sous ses ordres la conquête du monde.

TOUS

Bravo ! bravo ! fameux !

DANIEL

Oh! sacré mille tonnerres , la belle horoscope!

ANDrÉ.

Fichtre!... vivel'emp. ..

PIERRE

Tais-toi.

TOUS

Vive l'emp...

PIBRRE.

Arrêtez, arrêtez, mes amis... je vous en prie, je vous l'ordonne, un seul cri désormais, un seul, qui est de tous les temps... vive la France!

TOCS.

Vive la France !

Mathieu écrit quelques mots sur un petit agenda. On s'est tout-à-fait levé de tahle. Les ouvriers viennent présenter 'a Pierre un énorme bouquet.

Oui, lieutenant, c'est convenu, à vous l'honneur de monter le premier sur le pont de la frégate.

PIERRE

Merci, mes amis, merci!

11 marche vers le lond du théâtre avec les ouvriers, et met le pied sur l'échelle.

MATHIEU, sur le devant de la scène, à part.

Ah! l'instant est venu!... qu'est-ce que j'ai donc?... des remords... Ma foi, non... tant pis pour lui... et moi aussi, j'aurai tiré à ma manière l'horoscope de la Méduse.

Tout le monde a les yeux sur Pierre; à peine a-t-il mis le pied sur la fiéi^alo qu'une planche se détache, Pierre clianccUo et tombe renversé du haut du navire.

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