‹ Magasin théâtralChapitre 217 sur 1711 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

IVAN, suivi de MOULINET; DUVAL à la cheminée.

(Ivan fait signe à Moulinet d'entrer et sort.)

MOULLNET.

Me voilà chez le bienfaiteur des Marignon, et avec qui j'ai causé sans le voir... heureusement (

e®» qu'aujourd'hui je vais l'envisager... Excusez, c'est un peu mieux ficelé qu'à la caserne Mouffetard, ici... comme c'est doré sur tranches! des robes de soie le long dos murs... et on marche sur des châles de cachemire !.. Ah ça ! où est-il donc, le propriétaire de la chose ?..' (Allant à la cheminée et apercevant Duval.) Ah ! voilà son dos! (Il tousse.) Hum! hum !

DUVAL, sans se retourner.

Ah ! c'est vous, Moulinet ?

Présent... mon Colonn... mon Génér... Monseigneur... (A part.) Ça me fait de l'effet dp me trouver comme ça devant un riche étranger!., je vais donc voir sa figure...

DUVAL

Je vous ai fait venir pour vous demander des renseignemens qui sont pour moi du plus haut intérêt.

MOULINET

Des renseignemens?.. (a parL) Un Russe... s'il allait me demander les secrets de la France!.. heureusement que je ne les sais pas...

DUVAL

Marignon est libre enfin ?

MOULINET

Comme vous et moi: il est arrivé de Brest hier au soir, et nous avons obtenu une permission de quinze jours, son fils et moi, pour l'accompagner.

DUVAL

Vous voyez que j'ai tenu ma promesse... mais, dites-moi, il y a bien long-temps que vous connaissez la famille Marignon?..

MOULINET

Y a mieux que ça, Monsieur... (A part, et clicrciiant à le regarder.) Et je voudrais bien te connaître aussi, toi...

DUVAL

Vous assistiez à la mise en liberté de Marignon?.. MOULINET.

Oui, j'y assistais... fallait voir les larmes du père, la joie des enfans et les houras des autres condamnés ! (A part.) Je dis houras pour le llattor, le Russe ; c'est un mot de son climat. (Haut.)'Car, voyez-vous, tout le monde connaissait l'innocence du brave homme ; tout le monde savait qu'il était là à la place de ce scélérat de Duval. (Mouvement de Duval, qui se lève.)

MOULI.NET.

Ah ! je vas donc le dévisager... (il s'approche.) Pour lors, Monsieur... (Duval lui tourne le dos et va s'appuyer sur la cheminée.) Impossible!., faut qu'il ait quelque avarie dans la figure.

DUVAL

Et vous ne me parlez pas de M"* Marie ?

MOULINET

M"' Marie? Pauvre fille, elle a rendu hka malheureux mon camarade Dominique !

DUVAL

t^ Comment..! Dominique?

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