‹ Magasin théâtralChapitre 304 sur 1711 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, excepté JEANNE.

JACQUES

Non, il ne faut pas qu'elle revienne ici. {A Bonaventure.) Tu es notre ami, toi, eh bien, au nom de cette amitié sainte que tu nous as vouée, suis les traces de Jeanne, trouve un prétexte quel qu'il soit pour la retenir; si elle était là, vois-tu, elle m'ôterait tout mon courage.

BONAVENTURE

Je ne vous comprends pas.

JACQUES

Ne perds pas un instant, et promets-moi...

BONAVENTURE

Je VOUS promets d'éloigner Jeanne de la porte d'Amiens, et je vous promets en outre d'y revenir au plus vite, car je veux ma part de tous vos dangers. Compère, je ne vous quitte pas pour longtemps, pour courir plus vite, je laisse là mon arquebuse; c'est un présent de mon oncle; aussi n'est-elle bonne à rien. On ne peut plus la charger,c'est une arme excellente pour assommer celui qui la porte. {Il la pose contre le mur.) Au revoir, messire.

Il sort en courant.

'ACQUEs, à part.

Ah! mainteaunt que je n'ai plus à craindre pour

Jeanne, viennent nos ennemis, et ils trouveront bonne et ferme résistance. {Haut.) Camarades, la nuit arrive, redoublons de surveillance, que nos arquebuses soient chargées, que nos épées sortent à demi du fourreau : songez que le soldat qui se laisse surprendre est presque vaincu déjà.

ANDRÉ

Vous ne doutez pas de notre zèle; mais voilà la troisième nuit que nous passons sous les armes.

DOMINÉ

A veiller le ventre vide...

GallauJ cl rAffide paraissent en débouchant par la rue à gauche.

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