‹ Magasin théâtralChapitre 332 sur 1711 · PAQUITA, JOLIBOIS, LÉONOR · texte numérisé non relu

PAQUITA, JOLIBOIS, LÉONOR

JOLIBOIS

Pardon, mes petites bourgeoises.

LÉONOR, à Paquita.

Sauvons-nous t

JOLIBOIS, les retenant

Eb! mais avez-vous peur de moi? Rassurezvous, je ne suis pas un pirate, un corsaire qui veut faire main basse sur vous pour aller vous vendre au Grand-Turc ou au schah de la Perse. Je suis un troupier français, un vrai troupier français, mauvaise tête et bon cœur, brusque et poli, jamais méchant, toujours sensible, le cauchemar des époux et la coqueluche des belles! Ah! à la bonne heure , vous voilà tout-à-fait remises de votre panique.

L'ELEVE DE SAINT -CYR

FAQUITA.

Aussi pouvons-nous mainteuant vous demander ce que vous voulez?

JOLIBOIS

Ce que je veux, voilà.

Il présente un papier.

TAQUITA.

Qu'est-ce que c'est que ça?

JOLIBOIS

Un billet de logement.

LÊONOR.

Un billet de logement !

JOLIBOIS

Oui, charmante indigène, à dater d'aujourd'hui, nous sommes tous casernes chez le bourgeois. Voyez, lisez , c'est signé de votre corrégidor.

LEONOR

Mon père est sorti pour le moment.

JOLIBOIS

Vous OU lui, c'est tout comme.

LÉOSOR.

Non, non, veuillez l'attendre.

Elle sort par la gauche.

JOLIBOIS

Mais, senora. . .

PAQOiTA, â Joliboîs.

Le seigneur Ferez ne peut tarder à rentrer. Elle suit sa maîtresse.

JOLIBOIS

Elle aussil Oh! par exemple, pour celle-là... Il court après Paquita, et il reçoit la porte sur le nez.

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JOLIBOIS, seul.

Merci! Eh bien ! ça s'annonce bien ! nous serons choyés et fêtés ici d'une drôle de façon, à ce qu'il paraît. C'est pas l'embarras, je m'en doutais, et j'en avais prévenu le colonel quand il m'a dit que nous étions logés chez ce vieux patriote, qui, l'autre jour , de dessus son balcon, faisait avec moi le coup de feu sans reculer d'une semelle, l'enragé ! Ah ça 1 mais me fera-t-il droguer long-temps à l'attendre? ça m'amuse déjà toVit juste; et puis le colonel et mon petit lieutenant ne peuvent tarder d'arriver , et le colonel chanterait une drôle de gamme s'il ne trouvait pas son appartement disposé à le recevoir; il est patient que ça fait trembler, le colonel! avec ça, sans gène du tout. Il serait capable de faire un sabbat d'enfer, de mettre tout sens dessus dessous dans la maison; et puis faudrait l'entendre lâcher les sacredieu : c'est quîil n'a pas la parole dorée du tout. Après ça, parti dans le temps le sac sur le dos, soldat encore àMarengo, il n'a guère eu le temps de penser à s'éduquer; mais ça ne l'a pas empêché démonter de grade en grade jusqu'à celui de colonel; et les graines d'épinard , ça vaut bien une perruque de savant. Mais il me semble que je j'entends; il est en colère. Eh bien ! gare les sacredieu et le bacchanale.

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