‹ Magasin théâtralChapitre 352 sur 1711 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

PEREZ, puis LA SUPÉRIEURE

Pauvre enfant! va, va, dans quelques jours ta liberté te sera rendue... dans quelques jours cette belle et noble cité sera libre et affranchie du joug de l'étranger. {Apercevant la Supérieure qui vient d'entrer, et allant à elle.) Ahl cet empressement...

LA SUPÉRIEURE

Vous ici, seigneur Perezl Qui vous amène à cette heure avancée?

FEREZ

Un saint devoir, ma mère. {Légère pause.) Sans doute vous n'avez pas cru que de braves Espagnols souffriraient en silence ua honteux esclavage; sans doute vous avez espéré que des bras généreux se lèveraient bientôt pour frapper et anéantir nos oppresseurs? Eh bien! votre confiance et votre espoir ne seront pointdéçus... Les Français laissés en garnison dans cette ville doivent tous périr!

LASUPÉRIEURE.

Qu'entends-je ?

FEREZ

Oui, ma mère, ils périront tous 1 A cet effet, le conseil supérieur de la junte apostolique de Tarragone a désigné votre couvent comme le plus commode pourtenir à l'abri des soupçons les amis fidèles qui doivent coopérer à cette grande œuvre.

LASUPÉRIEURE.

Je remercie le conseil apostolique de l'honneur qu'il veut bien faire à ma maison.

FEREZ

Je n'en attendais pas moins de votre dévouement. Une réunion aura lieu ce soir.

Ce soir !

FEREZ

Ce soir même, à minuit, dans la chapelle du couvent.

' T-'-' • ■ I;: Tourière, Lconor, l'erti.

LASUPÊRIBURB.

Que la volonté du conseil supérieur soit faite.

FEREZ

Un pacte d'alliance sera déposé sur le maîtreautel, etchacun des conjurés sera tenu de le signer en jurant de frapper sans pitié comme sans remords.

LA SUPÉRIEURE

Mais ne craignez-vous pas d'être découverts?

FEREZ

Nos amis viendront séparément par des chemins différons ; et à intervalles, ils franchiront un à un la porte du couvent...

LA SUFÈRIBURE

Que j'ouvrirai moi-même au premier et refermerai sur le dernier.

FEREZ

Bien pensé 1 pas de confidence inutile; il y va de notre vie à tous!

LA SUPÉRIEURE

Lorsque dix heures sonnent tout le monde est couché dans ce couvent ; ainsi donc à minuit le calme régnera partout, et nul ici ne soupçonnera notre réunion.

FEREZ

Alors à minuit!

LA SUPÉRIEURE

A minuit !

Elle accompagne Ferez, qui sort par le fond.

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