‹ Magasin théâtralChapitre 353 sur 1711 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

ANATOLE, LA SUPÉRIEURE, puis LÉONOR, les Pensionnaires, les Sœurs surveillantes.

ANATOLE, entrouvrant laporte de la chambre où il s'est caché.

Ah çàl mais voyons donc; j'ai beau coller mon oreille contre cette porte, je n'entends rien du tout; est-ce qu'il n'y a personne ici? [Apercevant la Supérieure qui ferme à clef laporte du fond sur Ferez.) Ciel! la supérieure !

Il rentre vivement dans la chambre dont il tient la porte entrebâillée.

LA SUPÉRIEURE, à elle-même.

Allons maintenant presser le coucher des élèves

En ce moment les pensionnaires sortent tumultueusement du réfectoire avec Le'onor, les sœurs surveillantes les suivent.

LES PENSIONNAIRES, avec désordrc.

Mais oui, sans doute, c'est de droit, nous l'obtiendrons.

ANATOLE , à part.

Hein! une révolte!

La Tourière allume une lampe en scène.

LA SUPÉRIEURE

Eh bien! qu'est-ce donc, mesdemoiselles? que signifie cette étrange conduite?

PREMIÈRE PENSIONNAIRE

C'est que, ma mère... nous désirerions ..

LA SUPÉRIEURE, séviremeiit.

Achevez.

PREMIÈRE PENSIONNAIRE, avec embarras.

Pardon... maisquelquefois.dans une circonstance semblable, vous nous avez accordé... sans cela... nous n'aurions pas osé... car le respect... l'obéissance...

ANATOLE, à part.

Allons, la voilà qui s'embrouille aussi ; c'est comme moi tout-à-l'heure.

LA SUPÉRIECRE.

Eh bien, mademoiselle, vous restez muette... parlez, je veux savoir...

PREMIÈRE PENSIONNAIRE

Oui, ma mère... c'est que, voyez- vous... {A Léonor.) Dis-lui ça, toi, Léonor; hein... veux-tu ?

LA SCPÉRIEURE.

Ah çà, en finirez-vous ?

LÉONOR, s'avançant.

Ma mère, voici le fait...

ANATOLE, à part.

C'est elle!

LÉONOR

Mes jeunes amies, heureuses de me revoir au milieu d'elles, vous supplient de différer ce soir, par extraordinaire, la rentrée dans les dortoirs, et de leur accorder une heure de récréation.

LA SUPÉRIEURE

Une heure de récréation !

ANATOLE, à part.

Eh bien! etmoi, je resterai donc en retenue?

LÉONOR

Nous la passerons ici dans ce parloir sous les y eux des sœurs surveillantes.

LA SOPÉRIEHRE.

C'est impossible !

ANATOLE, à part.

A merveille 1 elle refuse.

LA SUPÉRIEURE

Demain, quoique ces demoiselles ne le méritent pas, je consentirai peut-être en votre faveur, Léonor, à prolonger la récréation du matin, mais ce soir, j'entends et je veux que le coucher ait lieu sans retard.

LÉONOR et LES PENSIONNAIRES.

0 rua mère!

Qu'on m'obéisse!

ANATOLE, à part.

On dirait qu'elle me protège.

LA SUPÉRIEURE, a/(x sœiirs surveillantes. Et vous, mes sœurs, veillez à ce que dans un quart d'heure toutes le« lumières soient éteintes dans les dortoirs. Quanta vous, Léonor, vous allez rentrer aussi!

LÉONOR

Oui, ma mère.

LA SUPÉRIEURE, ttiix pcnsionmires.

Eh bien! qu'attendez-vous?

PREMIÈRE PENSIONNAIRE

Votre bénédiction accoutumée, ma mère.

Elle s'agenouille, toutes les autres rimitent. LA SUPÉRIEURE.

Dieu juste et bon, prenez toujours en pitié ces

faibles jeunes filles, et que votre divin esprit soit toujours avec elles! [Les pensiotinaires et les sœurs se relèvent, puis elles sonentpar la droite. La Supérieure, qui areçu les adieux de Léonor, lui dit:) Adieu, ma fille. (4iJarf.)Maintenant, à la chapelle du couvent.

Elle sort par la porte du re'fectoire, qu'on enteud fermei au verrou.

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