‹ Magasin théâtralChapitre 373 sur 1711 · PAQUITA, LÉONOR · texte numérisé non relu

PAQUITA, LÉONOR

PAQUITA, entrant vivement du fond.

Senora, Dieu vous protège !

LÉONQR, se levant.

Ah ! te voilà !

PAQUITA

Bonne nouvelle ! on ne sait rien.

LÉONOR

Il se pourrait !

PAQUITA

On n'a pas même le plus léger soupçon. Cet évanouissement a paru tout naturel j et, comme l'avait dit si à propos ce spirituel sergent , chacun a répété à son voisin que c'était la joie qui avait tourné sur le cœur du pauvre jeune homme. Votre père lui-même a partage cette croyance-là. Bref, le colonel et quelques amis ont transporté de suite au logis notre gentil cavalier qui n'a pas tardé à reprendre connaissance, et aussitôt après, tous les indiscrets congédiés, le chirurgien-major a visité son malade, et tout joyeux, il a déclaré qu'il pouvait sans danger se mettre en route et porter au commandant de l'armée de Catalogne les dépêches du général.

LÉONOR

Il va déjà partir!

Ilolas! oui... mais il ne paitira pas sans vûU» avoir fait ses adieux.

LÉONOU.

Que dis-tu là î

PAQUITA

J'en ai pris l'engagement avec lui.

LÉONOR

Grand Dieu !

PAQUITA

Ohl ne vous fâchez pas. Et puis, ce n'est pas à moi qu'il faut en vouloir, c'est à ce damné sergent. (Éiormement de Léonor.) Oui, je l'avais aperçu, j'avais couru l'interroger; et tout en me répondant, tout c me contant ce que je vous ai appris tout-à-1'beure, il marchait et moi je le suivais... si bien que sans m'en douter, sans savoir comment, je me suis trouvée tout-à-coup face à face avec le jeune capitaine... Oui, je l'ai vu... Dieu ! si vous saviez comme il est gentil avec son costume d'aide de camp! Puis je lui ai parlé; il était seul pour le moment... ah! il fallait l'entendre : « Ma Léonor, ma toute belle I l'ame de ma vie! et il faut partir, la quitter., ne plus la revoir jamais! » Et là-dessus des larmes, des sanglots à ne plus finir... alors j'ai été touchée, attendrie, et je lui ai- promis qu'il vous reverrait avant de partir.

LÉOKOR.

Mais c'est impossible. Non^ non, Paquita, non... ça ne se peut pas.

PAQUITA

Que craignez-vous 7 votre père! il n'est point au au logis, il n'y est pas rentré depuis tantôt; aussitôt après la revue, à ce que m'a dit encore ce sergent, il est entré dans l'église des Bénédictins; sans doute, il a été trouver le père José, comploter encore avec lui ; possédé par son idée fixe de vengeance, il ne reviendra pas de si tôt.

LÉONOR

N'importe, quelqu'un de nos gens peut voir Anatole monter à mon appartement.

PAQCITA.

Non, si je l'amène par l'escalier qui conduit au

jardin.

Elle indique la porte de gauche.

LÉONOR*

J'ai peur, Paquita... c'est une imprudence, une faute

PAQUITA

C'est que vous ne songez pas qu'il va s'éloigner, quitter Tarragone.

LÉONOR

Peut-être pour jamais! ne plus le revoir! oh I qu'il vienne! qu'il se hàtel le temps vole... cours le chercher...

PAQUITA

Oui, oui... {En sortant.) Pauvre garçon! va-t-il être heureux !

Elii- dispHi-ait par la porte de gauche. LÉONOR.

O mon Dieu S prends-nous en pitié , veille sur nousl (Apercevant Ferez qui entre du fond avec démarche et l'aJUtude d'un homme qui réfléchit fondement.) Oh . mon père I

FEREZ, apercevant Léonor.

La voilà !

* Le'onor, Paquita

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