‹ Magasin théâtralChapitre 391 sur 1711 · ANATOLE, PEREZ · texte numérisé non relu

ANATOLE, PEREZ

PEREZ

Aux armes ! aux armes !

ANATOLE

Luit

PEREZ

Je suis libre! j'ai pu les briser ces liens odieux qui ine retenaient captif; j'ai pu me frayer un passage jusqu'ici... Oh! mais, point de retard, courons, courons au secours de mes frères.

ANATOLE

Vain espoir !

PEREZ

Qui a dit cela? {Apercevant làseulemenl Anatole et le reconnaissant.) Ciel! toi!

ANATOLE

Oui, moi qui voudrais comme toi combattre avec mes frères, et qui comme toi ne peux sortir d'ici.

PEREZ

Oh! mais j'en sortirai , moi; ces portes, je les briserai.

ANarOLE.

Oui, peut-être, je t'aiderai.

FEREZ, qui a vainement tenté de faire céder les portes du fond.

Inutiles efforts! {Nouvelle détonation.) 0 rage I ô fureur ! ne pouvoir combattre, ne pouvoir verser le sang des Français!... Oh! mais, que dis-je?... {A Anatole.) Capitaine, Espagnols et Français vident la querelle là-bas; nous ici, nous borneronsnous à former des vœux, toi pour Napoléon, moi pour Ferdinand? Non, non, que la lutte ici soit entre nous comme elle est là-bas entre eux... la France, c'est toi ; l'Espagne, c'estmoi. . . combattons, combattons à mort.

ANATOLE

?eiez , écoutez-moi.

PEREZ, qui a arraché une épéede l'un des faisceaux d'armes.

Ta vie ou la mienne!

ANATOLE

Dans le combat, dans la mêlée, je ne connaîtrais pas le père de Léonor; je pourrais le frapper... mais ici, il m'est sacré !

PEREZ

Que le père disparaisse à tes yeux comme l'amant disparaît aux miens... plus de querelle de famille, plus de vengeance; c'est la lutte entredeux peuples ennemis ;c'estla guerre, la guerre franche et loyale... Allons défends-toi, défends-toi...

ANATOLE

Jamais !

PEREZ

Défends-toi donc, lâche!

Lâche! tu as dit lâche! oh! je te ferai voir si l'élève de Saint-Cyr est un lâche*.

PEREZ

Ah ! j'aurai donc aussi ma part de la victoire 1

Ils se battent avec acbarnement , mais bientôt l'épe'e d'Anatole est brisée et Perez va lui plonger la sienne dans le cœur, quand il est arrêté par Jolibois qui entre SUIVI de plusieurs grenadiers.

JOLIBOIS

Misérable!

Les grenadiers entoui-ent Perez et le désarment. PEREZ, avec rage.

Enfer I

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