‹ Magasin théâtralChapitre 411 sur 1711 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

TROIS MEMBRES DE LA FA.MILLE CAM- PIREALI, LE COMTE CA.MPIREALI, FA- BiO, LE CARDINAL MONTALTK, i>es Valets, apporiani des iatiUélubres , et disposanl des sièges.

LE ccyiE.

Salut, nobles parens! {Au Cardinal.) Comment

va la santé de monseigneur?

SIOMALTK.

Toujours bien faible, et ajiprochant à grands pas du dernier terme... je marche, comme vous voyez, un pied dans la tombe.

Il loussf el va s'asseoira r;ivnnl-SLtiic de g.iiitlic. LE COMTE.

Nous vousaimons trop pour vouloir vous croire. Messeigneurs, je vous ai convoqués pour une affaire de la plus haute importance. (Montrant le Cardinal.) Monseigneur nous a rendu de trop grands services, avant qu'il ne se fût ainsi obstinément retiré des atfaires, pour ne pas le considérer comme des nôtres. Voici une lettre dont je veux avant tout vous donner communication ; elle est du duc de Bracciano, le comte l*aul Orsini.

LE COMTE

Il me demande ma fille Hélène pour son fils Octave... ( Le cardinal fait un léger mouvcmenl.) Cette proposition vous étonne, monseigneur? MOTAi.rE, avec empressement.

Elle me comble de joie pour votre famille!

LE COMrE.

J'ai voulu VOUS consulter sur cette alliance, qui, en prêtant à notre maison un suret brillant appui, l'élèveau premier rang, et ne mettra plus de bornes à sa puissance; est-ce votre a^is, mes nobles parens? ( signe d'as^enliment) et vous, monseigneur?

MONTA LTE, oprès avoir toussé.

Octave Orsini est le premier parti d'Italie. [Finement. ) Sa vie, il est vrai, n'a pas été exempte de désordres et des abus du pouvoir, auxquels s'abandonne un jeune homme qui peut tout... mais vous nous appelez à discuter l'avantage d'une telle union , et non le bonheur de votre fille. Les Orsini n'avaient dans leur parti qu'une famille, dont le trédit piU faire contrepoids à la leur; cette famille, c'était lavôlio; ils effacent adroitement sou éclat en le confondantdans le leur... mais, ainsi unis, il n'y a plus ti'iipposition possible a vos volontés... ( Avec inleniion. ) Toutes les fois que vous voudrez ce que voudront les Orsini... seigiieur comte, c'est un noble et puissant mariage I

LE COM'IE

Mon.seigneur, je découvre dans vos discours au-delà même de votre pensée... A présent, mes amis, écoulez-moi : notre saint pontife Grégoire XIII va tous les jours s'affaiblissaiit; peut-être touchons-nous au moment de lui nommer un successeur... mais parmi tous nos cardinaux, je ne vois personne .. Monseigneur d'Est est trop jeune .. ( Montalte se courbe el tousse ) monseigneur Alexandrini trop hautain. ( Moninlte lire des pastilles et vient en offrir au Comte.) Ah! si nous étions assez puissans par nousmêmes, je vous dirais tout de suite : Restons isoli's dans notre force , et portons au saint-siége riiomme de notre cœur, vous, cher cardinal. MONTAI. TK, se levant el avec une fausse bonhomie, en passant au milieu d'eux.

Moi, bon Dieu !

LE CO.MTE.

Vous-même !

MOiNTALTE.

Mais songez donc que je ne suis qu'un moine ! un pauvre moine! .. que j'ai à peine la force de nie gouverner moi-même; et connnent, eucetciat, ton;,'er a gouverner le momie chrélicn?

LE CO.MTE.

Je vous le répète , et je suis sur de l'assenliment de mes nobles parens, vous auriez toutes nos voix.

L'ABBAYE DE CASTRO

MONTALTE

Mais si le ciel, pour me punir, m'imposait un pareil fardeau, avec une main si débile!... une santé si déplorable !... il faudrait que j'eusse autour de moi des amis dévoués qui consentissent à administrer pour le faible vieillard!... [Souriant avec fines.ie. ) Vous ne me nommeriez sou- Yerain pontife que pour vous nommer vousmême...

LE COMTE, à ses PareJîs.

Vous l'entendez!... notre part eût été belle! mais malgré notre inclination , si les Orsini ont un candidat... ( Un doinesiique entre. Le Comte, allant à lui avec impatience.) Qu'y a-t-il? pourquoi nous interrompre?...

LBinci.

Ce sont deux étrangers qui demandent à être introduits; l'un d'eux dit que c'est pour affaire urgente.

LE COMTE, à son flls.

Serait-ce déjà quelque envoyé des Orsini!

FABIO

Il faut les recevoir...

LE CO.IITE.

Messeigneurs, permettez-vous qu'on introduise ces étranjrers? { Siane d'assentiment. Au domestique.) Faites entrer!

MONTALTE, à part, SUT l'uvant-scène de gauche.

Ce mariage avec les Orsini détruit tous mes plans... renverse toutes mes espérances! .. mais comment empêcher ce malheur?... qui jeter à la traverse de ce projet?...

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