ACTE III, SCÈNE I
tif... la discrétion dont nous nous piquons dans <^ l'exercice de notre emploi , m'a empêché de m'en informer au juste... cependant je puis vous dire pour cent écus d'or... Y a-t-il bien le compte ?
DON LÉON
Oh ! parle donc!..
PANDOLFO
Que je le crois amoureux de dona Juana , la veuve de don Luis.
DON LÉON
Oh ! plus de doute... c'était ce misérable que Juana voulait dénoncer à son mari expirant!.. D'une main il poignardait don Luis... de l'autre il m'enterrait vivant sous cette croix. Altavilla !.. oh! vengeance! vengeance!..
Voyons si je n'ai pas été trompé , car je me défie maintenant des chevaliers de Malte, (il s'asseoit et compte.) Un, deux, trois...
DON LÉON
Mais où le retrouver maintenant? il est parti... mais, j'y songe... Il a dit à Juana qu'il la pour- «^
suivrait toute sa vie... il va à Rome... et Rome est près de Naples... Oh! il n'a accepté cotte mission , sans doute, que pour se rapprocher ce Juana... et moi, je ne serais pas là pour la défendre... et je l'abandonnerais aux pièges de cet infâme?., jamais!., mais comment sortir?., comment fuir ?.. ah ! cette clé... cette clé c'est le ciel qui me l'envoie... Non, je n'ai pu cesser d'être homme puisque j'en ai toujours les passions au cœur... tout ce que j'ai cru voir, cette réception, ces chevaliers, ces vœux... rêve, erreur, folie , je me réveille... je renais à l'existence... je puis déchirer ce linceuil... (il déchire sa robe.) Jf; puis briser ce lien meurtrier. (Il arrache la cortle qui enioure son cou.) Non , rien ne peut plus m'engager... A moi encore les regards, les consolations de Juana... à moi l'air du ciel et la liberté. (Il sort rapidement.)
PANDOLFO , achevant de compter.
97 , 98 , 99, 100. Le compte y est. Allons , je puis faire habiller de neuf ma femme et mes quatre enfans , et je trouverai encore dessus le baptême du dernier.
FIN DU DEUXIÈME ACTE