‹ Magasin théâtralChapitre 51 sur 1711 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les Mêmes, MICHEL.

LA COMTESSE , rassurée. Ah I c'est toi , iMichel... Je puis rouvrir mon voile.

MICUEL. Ce voile, madame, ne suffirait l)liis pour vous dérobei aux regards.

LA COMTESSE. Que veux-tu dire ?

MICHEL. Que votre séjour à Constantinople n'est plus un secret , madame. Le minislre Nicétas l'a publié sans doute, car le cruel Andronic en est instruit.

L\ COMTESSE. Grand Dieu !

MICHEL. Et maintenant , madame , Nicétas va s'efforcer de vous rappeler au pouvoir ; Andronic luttera pour vous en faire tomber... et votre présence à Constantinople aura causé une guerre dont vous serez le flambeau , madame , et sans doute la victime.

LA COMTESSE. Avant demain nous aurons quitté Constantinople.

MICHEL. Il le faut , madame. Que le prêtre se liàte de vous donner le saint sacrement de la communion, et Dieu conduira ses fidèle».

AG^ÈS , apec juie. Nous allons donc partir !

LA COMTESSE. Ce soir, mon enfant ; hàte-toi de préparer ton ame au recueillement... va te couvrir de ton voile, et IMicliel te conduira bientôt au monastère de la Vierge.

AGNÈS. Oh ! ma prière à la V^ierge sera fervente et sincère... elle est si bonne , si si belle !

Elle s'approche de la comtesse qui Tembrasse au front, puis elle sort joyeuse.

LA COMTESSE , la regardant. Pauvre enfant ! Moi , Michel , je vais me mêler à la foule qui se presse à l'église de Saiut- Jean Baptiste. (^Elle se uuile.) Je te confie mon enfant, tu veilleras bien sur elle.

MICHEL. Doutez -vous, madame, de mes soins , de ma sollicitude pour elle ?

LA COMTESSE. Oh ! jamais... (Heocnant sur ses pas. ) Et partir sans avoir même entrevu... l'empereur... lui... malade...

condamné!...

MICHEL. Dieu nous montre de loin la tempête... évitons-la.

LA COMTESSE. Nous partirons ce soir, il le faut. Garde bien mon Agnès.

MICHEL. Je me hâte près d'elle.

La comtesse sort.

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