‹ Magasin théâtralChapitre 610 sur 1711 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les Mêmes , MAGNUS.

LE CAPITAINE , paraissant par le fond.

Qui m'appelle?

OLAUS

Moi, le ministre.

FRÉDAGE, vivement.

Et moi, Frédage, au nom du roi tout-puissant,

qui m'a chargé de remettre entre vos mains, Magnus, cet acte qui déporte à l'instant Olaus Pétri, son médecin-ministre, déclaré traître et accapareur.

OLAUS

C'est faux.

FRÉDAGE , avec calme.

Voyez, monseigneur, voyez... vous connaissez le sceau royal... C'était la cuirasse qui me rendait invulnérable. {Olaiis reste interdit.) J'ai passé par Upsal en revenant ici... il manquait une preuve au roi, je la lui ai fournie, moi... maintenant que vos vols sont prouvés, vous auriez pu avec une part de manuscrit en justifier l'emploi... Et Christiern eût révoqué son arrêt, dont j'eusse rendu l'exécution tardive... Mais maintenant, monseigneur...

OLAUS"

Oh! je ne suis pas encore parti...

FRÉDAGE, à Marjnus, qui du geste vient d'appeler des gardes.

Souvenez-vous, capitaine, que pour avoir retardé d'une heure l'exécution d'un arrêt, celui que vous avez remplacé...

MAGNUS

A eu la tête tranchée, je lésais... {A Olaiis.) Monseigneur, suivez-nous.

OLAUS

Attendez ! [Prenant des papiers qu'il a dans sa ceinture. ) J'ai là des révélations importantes, que je dois remettre au roi.

MAGNUS, s'approchant d' Olails.

Je m'en charge.

Il faut que je voie le roi.

MAGNUS

C'est impossible.

OLAUS

Mais de ces révélations dépend le salut du roi... Cest un complot... la marche d'une révolte, d'une révolution, qui peut-être éclate à cette heure... en me conduisant près du roi, vous l'aurez sauvé, Magnus.

MAGNUS

Je ne connais que mon devoir.

OLAUS

Mais dans quelques jours il sera perdu peutêtre.

MAGNUS

Si le roi le commande, nous combattrons alors pour sa défense... Qu'on entraîne le ministre.

OLAUS

Arrêtez, je vous suivrai... pas de violence; seulement le temps d'écrire au roi.

MAGKUS.

Je ne puis le permettre, vous le savez bien... Venez, et si vous le voulez, je ferai parvenirau roi ces papiers qui, dites-vous, révèlent une trahison. OLAUS, furieux.

Ces papiers, je les brûle. ( Il les jette au feu. j Et maintenant. Suède, qui me repousses, couvretoi de combattans et de morts... viens, guerre civile... viens aussi, prince Gustave... viens chas-

* Olaiis, Fre'dage, Magaus.

CHRISTOPHE LE SUEDOIS

ser l'usurpateur qui me chasse. ..Et toi, Frédage...

FRÉDAGB.

Monseigneur...

OLAUS

Mesure d'avance ton échafaud, peut-être naîtrat-il de ces cendres... car si Gustave revient, il découvrira, sans doute qu'il y a quinze ans tu as assassiné son père.

FRÉDAGE.

Je ne crois pas plus au retour de Gustave qu'à la fin du monde.

OLAUS

Et moi, je le prédis.

FRÉDAGE.

Et moi, je ne vous ai jamais cru prophète.

OLAUS

Souviens-toi cependant qu'en partant je te prédis malheur.

FRÉDAGE.

Et moi, monseigneur, je suis moins haineux: je vous souhaite un bon voyage.

OLAUS, à Magnus, qui paraît s'impatienter. Je vous suis.

Il sort avec les gardes.

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