SCENE VII
FRÉDAGE, GUSTAVE.
FRÉDAGE, observant Gustave, à part.
Sitôt de retour!... Oh! je ne crains plus, prince, Ion amour pour André ni ta justice pour Wol-
CHRISTOPHE LE SUEDOIS
gann... je les tiens là tous deux dans un seul homme. [Il s'ajtproclie de Gustave.) Déjà revenu, mon prince?
GUSTAVE
Hélas, monsieur! à peine au départ, j'ai appris que la cabane d'André le bûcheron a été depuis un moisdélruite par l'incendie... et je n'ai pas eu la force d'aller m'en convaincre... et André, Marguerite, que sont-ils devenus? On ne les a pas revus ?
FRÉDAGE.
Mais la destruction de leur cabane justifie leur départ...
GUSTAVE
Et la peste et la guerre justifient mes terreurs... morts peut-être!... Morts 1 oh le' est affreux à penser!...
FRÉDAGE.
Revenez à vous, mon prince, la Suède vous appartient.
GUSTAVE, se levant.
Et j'appartiens à la Suède, n'est-ce pas? et je n'ai pas le droit de pleurer, je le sais; j'ai déjà repris ma royauté... [Cris en dehors.) Entendezvous ces cris? ce sont ceux du peuple et des soldats qui vous saluent.
FRÉDAGE,
Moi?
GUSTAVE
Oui ; car sur mon passage des groupes m'ont demandé le nom de l'homme au génie protecteur, et je vous ai proclamé.
FRÉDAGE.
Proclamé ?
Vous voyez bien que, malgré les souffrances de l'homme, le régent ne vous a pas oublié... {Nouveaux cris. ) Mais entendez-vous? on vient jusqu'ici vous applaudir... j'ai séché mes larmes, je suis régent, moi, je suis heureux...
La foule entre par le fond en criant Vii>at'. elle se compose d'officiers, de soldats ot de gens du peuple.
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