‹ Magasin théâtralChapitre 658 sur 1711 · CI.ARY; GEORGES, caché; CHARLES · texte numérisé non relu

CI.ARY; GEORGES, caché; CHARLES

CLABY.

Mais où me conduisez-vous, sire?

CHARLES , souriant.

Ne craignez rien, chère miss ; nous sommes toujours à Westminster, et Westminster est lieu d'asile.

GEORGES, à part, montrant sa tête.

Le roi avec miss Clary 1...

CLARV.

S.ins doute, sire, je n'ai pas peur; mais cet endroit est bien écarté.

CHARLES

On y est mieux pour se dire des choses qui ont besoin, pour être dites, de silence et de solitude.

Ct.AUY.

Je ne sais , sire, quelles sont ces choses; mais

il n'en est point qu'une fdle puisse plus convenablement écouler qu'à coté de son père.

(Elle veut s'en aller.) CHARLES.

Comment, miss, vous voulez me quitter! ali! ce n'est p.is être de la famille de.s Caitipljell que d'abandoimer son roi en péril de mort.

CLARY

Comment, sire?

CHARLES

Eh ! oui , chère rniss , c'e.st votre présence qui me fait vivre; vos yeux, c'est le soleil qui m'éclaire... votre haleine, c'est l'air que je respire... si vous me quittez, je mourrai.

CLARY

Je remercie votre majesté de sa galanterie; mais j'espère que son mal est moins grave qu'elle ne veut bien le dire, et je la prierai de me laisser...

( Elle veut encore sortir.)

CHARLES

Non pas... non pas!... s'il vous plaît, belle Clary !... il ne sera pas dit que je me sois donné tant «le peine à vous amener ici pour que vous m'échappiez aussitôt après votre arrivée. Je suis heureux auprès de vous, je m'y trouve et je voudrais y rester un peu... pourquoi me fuir? Les rois ont-ils donc sur leur front une croix de feu qui fait peur aux belles femmes? je ne le crois pas... des jialais pleins de plaisirs et de fêtes la nuit; des pnrcs pleins d'omhie et difraîcheur le jour; des richesses à paver d'or les chemins que .suit leur bien-aimée; des diamants à la rendre brillante comme un ange : voilà ce que possède toujours un roi; un cœur plein d'amour et de désirs, voilà ce qu'il possède en outre quand il s'appelle Charles II, et que la femme qu'il aitne s'appelle Clary Campbell.

CLARY

Sire, vous abusez de la fausse situation on je me trouve vis-à-vis de vous pour me parler...

CHARLES

Allons, allons, ma belle enfant! laissez là votre courroux!... la colère sied mal aux jolies femmes... et d'ailleurs pourquoi vous fâcher? Y a-t-il ici un roi qui cherehe à abuser de son pouvoir? Non, chère miss; il n'y a ici qu'un homme dont le cœur est plein d'amour et de passion; un honune pour lequel tous vos désirs sont des lois; qui ne vous désobéira que dans une circonstance, quand vous lui ordonnerez de vous quitter; qui ne vous défendra qu'une chose, de faire venir les larmes dans ces beaux yeux; car une larme de vous, c'est un malheur pour moi ; car je vous aime et je voudrais vous voir heureuse... laissez-vous donc aimer, laissezvous rendre heureuse!

CLARY

Sire, il y a des femmes à la cour à qui vous avez sans doute le droit de parler ainsi; mais vous vous êtes étrangement mépris en me ju-

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