‹ Magasin théâtralChapitre 68 sur 1711 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

SÉNATEURS, LES PATRICES NICE- • PHOREc^AGATHÈS.

iMCÉi'HORE. Oui, messieurs, la blessure de l'empereur est mortelle, et bientôt l'empire aura changé de Uiaitre.

PUEMIEK SÉNATEUR. Selon vous, qui sera le nouveau?

MCÉPHORE. Le protosébaste Andronic.

PREMIER SÉN.ATEUR. Dieu nous en garde!

AGATHÈs. Quant à moi, messieurs, peu m importe , attendu que quel que soit le uiaître, il n'aura pas le pouvoir d'ôter à Constantiuople son beau ciel, son bon vin, et ses jolies filles. Les vieux Romains sont morts, et nous sounues les jeunes... nos pères se battaient, nous chantons... ils avaient des épées, nous avons desguitares... ils se faisaient tuer, nous nous enivrons : chaque chose a son teJiips.

l'UEMiEn SÉNATEUR. Je parierais moi, messieurs, qu'avant peu nous verrons l'empeieur debout!

NicÉPiiouE. Moi, j'offre de parier qu'à cettcliciue iNicétas cache son trépas, etqu'il est mort.

PREMIER SÉNATEUR, Parious douc mou château contre le vôtre.

NiCÉpnORE. J'y consens.

PREMIER SÉNATEUR. Vous êles téuioins, me.ssieurs !... Maintenant comment éclaircir ?..,

UNE VOIX, annonçant. Le très-auguste empereur Emmanuel César,..

TOUS. L'empereur !

PRE3IIER SÉNATEUR, A moi votic château, patrice !

NicÉpnoRE. L'empereur ! c'est impossible!,,. ( Vapercei>ani. ) Comme il est pâle I

LONGUE-ÉPÉE LE NORMAND

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sgiî:ne X.

Les Mêmes , L'EMPEREl R , soutenu pur NICET:AS. la comtesse, AGNÈS

l'cmpeuF-UU. Salut à vous, mcssieius!..

merci do vos prières et de votre sollici- \\xAe... {Faisant un effur/.) Je suis i\\\cu\. {Bas à Nir.élas.) Nicétas, fais sorlir tout ce inonde .

NICÉTAS. L'empex'eur veut eue seul, mesbieuis.

To utle monde sort.

L'EMPEnEUH. Je craignaisde lu'évauouir devant eux.

11 tombe dans leurs bras, on Tassicd.

LA COMTESSE. Vous souffiez doiic beaucoup ?

l'empereuh. Si fort que mes mains se portent convulsivement à l'appareil qui couvre ma blessure pour arraclier la douleur avec la vie.

LA COMTESSE et NICÉTAS, se jrtunl sur lui. Seif;nenr !

L'EMPEnELR. Oh! j'aurai du courage. .

je lutterai contre le mal jusqu'à ce qu'il m'abandonne.., j'ai tant envie de vivre... maintenant que vous êtes près ue moi... J'ai tant de choses encore à faire dans l'empire... Oh I je veux agrandir le temple de Sainte-Sophie. . . je veux en faire la huitième merveille du xwonAe... Se Itiurridul vers Agnès.) Quand le printemps reviendra, jeune fille, je veux que nous allions habiter les jardins d'Altxandrie , et les faire plus splendides que ceux de Babylone.

NICÉTAS. j\e serait-il pas prudent, mon maître, d'assurer d'abord à ceux que vous aimez l'héritage d'un si bel empire parun testament.^

l'eMPEUeur. Un testament!., ta m'en reparles sans cesse... un testament... ce mot est fatal... mon père venait à peine de dicter le sien, cju'il expira... mais je ne vais pas mourir, moi., je suis fort encore, regarde... {lise lèce debout.) ^ a me chercher la couronne des Césars, ma tête peut la porter... et je veux marcher jusqu'à mon trône.. .Va !

NICÉTAS. Songez au repos, seignein-.

l'emperel'R. Il faut être indulgent pour les malades, et faire leurs volontés.

NICÉTAS. J'obéis, mon maître... {A demi-i.w'a)j en passant prés de la comtesse.) Plus d'espoir, comtesse.

la comtesse, à demi-voix. Pnons Dieu.

l'empereur, les o/jsen^ant. Ils semblent se concerter... il y a du mystère. {Remar-

quant que lu comtesse s'essuie les yeux, ) Et des larmes I

AGNÈS , observait la comtesse. Pauvre mère I

l'empereur, à la comtesse. Vous, comtesse Hélène , faites a[)[)eler les hommes d'armes qui doivent accompagner leur cmjiereur à la salle du irùne.

LA cOMTi.SSE, tristement. J'obéis...

Elle sort.

i.'r.MPEur.un, ii Agni-^. 11 y a, mon enfant, des pleurs dans les yeux de votre mère.

AGNÈS. Je les ai vus.

l'empereur. En connaissez-vous la cause?

AG\ÈS. Je la connaîlral hienlùl.

l'empereur. El connnent?

AGNÈS, montrant un pardiemin. En lisant ce parchemin qui contient la triste nouvelle qui la fait souffrir ainsi. Je m'en suis emparée malgré sa défense... mais il faut bien que je connaisse soi mal, pour le calmer ou le partager.

l'empereur. INousy trouverons à nous deux le remède... Lisez.

AG>Ès. Au moins je ne serai pas seule coupable.

l'emperelh. Non, je prendrai la moitié de la faute... hiitez-\ousl

AGNÈS, lisant.» Le tr es-augusire empe- » reur Emmanuel Comnène s'est blesse » lui-même, à la chasse, d'une flèche... » Elle reste interdite.

l'empereur. Eh bien , ensuite ? Vous tremblez... {S' emparant du parcheinin. ) Mais qu'y a-t-il donc d horrible ?

AG.\Ès , vdul.int s'oppusrr. Ne lisez pas !

i.'empeueur , la ic/wussiint. Laissezmoi. (// /.'/.) « S'est blessé lui-même, à la » chasse, d'uneflèehe empoisonnée I... J ai » pu jusqu'à ce jour cacher au peuple, à » à l'armée, à l'empereur lui-même, l'ar- » rêtquc... » I\lais cela est faux... Et qui a osé... {Lisant la signature.) Stéphanius Nicétas I... Lui! lui, qui n'a jamais menti! c'est donc la vérité ? Quoi ! blessé à mort, blessé... oh! le sans m'étouffe... de l'air de l'c

oh ! le sang m'étouffe.

Il tombe anéanti.

AGNÈS, effrayée. Au secours ! ausecours I sauvez l'empereur !

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