‹ Magasin théâtralChapitre 693 sur 1711 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GEORGES, seul.

Saints du ciel, je vous remercie d'avoir touché de crainte le cœur de cet homme ! Maintenant ma mère est sauvée du déshonneur et moi de l'assassinat; car, si Campbell eût refusé ou lutté, je l'eusse fait assassiner certainement. A présent je n'ai plus besoin que de moi-même. Nous voilà seuls , égaux , face à face ; il a sa haine , j'ai ma vengeance; c'est bien. (Allant à la porte.) Hâte-toi, hâte-toi , ministre de Dieu ! car moi aussi, j'ai hâte, et je veux accomplir un sacrifice... Que les instants sont longs !... Ah ! que d'idées vous viennent entre une pensée de mort et son exécution ! comme je me rappelle toute ma vie, toutes mes joies, toutes mes douleurs! O mon enfance! ô mes amours! ô mon père! ô Claryl — Clary!... mais si je meurs dans ce com bat, Clary , que fera-t-elle, et que deviendra son enfant? et si c'est Son père!... car cet homme -là est son père, après tout. Chose horrible ! être entre deux devoirs égaux , en-

tre la vengeance cl la pitié, et ne pouvoir choisir! O mon Dieu! e'claire moi ; que faire? que faire? (RegarJant au dehors.) Qui vient la? Clary ! eh bien , j'en accepte le présage. O Seigneur, j'aurai pitié de la pauvre femme... j étoufferai dans mon cœur la rage qui le dévore et la haine qui le brûle... je pardonnerai. Pardonner! oui... dussè-je mourir... et, quand mon heure sera venue, j'irai avec confiance vers toi, mon père, et je te demanderai si une bonne action ne vaut pas mieux que le sang d'un ennemi.

oosoeoeeoeeeeeeoeec9eeeee66ee«ese9eeeseeeeeo«9ceeeeoeeeeea

Page 1