‹ Magasin théâtralChapitre 696 sur 1711 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

GEORGES, puis CAMPBELL.

GEORGES, seul.

Le misérable !... et moi qui allais lui pardonner !... ( Il va à la porte du fond à gauche et la ferme, puis il se place devant l'autre porte par où eill sortie Clary.) Là !...

CAMPBELL , à part , sortant de la chapelle. C'est fini!... les traîtres !... mais bientôt je serai vengé... (Il va à la porte où est Georges. ) Monsieur !...

GEORGES

Vous savez bien que l'on m'appelle inilurd , maintenant.

CAMPBELL

Eh bien, milord, pourquoi me barrez-vous le chemin?

GEORGES

Parceque je ne veux pas que vous sortiez , apparemment.

CAMPBELL

Encore !... Mais cette fois vous êtes seul... et il y a plus d'une porte...

(Il va à celle de gauche au fond.) GEORGES.

Fermée!

CAMPBELL, allant à la petite porte de droite. Celle-ci?...

GEORGES

Pas d'issue...

CAMPBELL

Que me voulez-vous donc enfin ?

GEORGES

Oh ! bien des choses... Je veux d'abord vous demander oii vous allez de ce pas !

Je m'en vais au conseil , à Westminster.

GEORGES

Vous mentez, milord Campbell!

CAMPBELL

Milord Georges !...

GEORGES

Vous alliez chercher un ordre de dénoil.ition contre moi et contre votre femme... < ar ma mère est votre femme à présent.

CAMPBELL

Eh bien, oui, j'allais chercher un ordre de déportation, parceque je vous hais de toute la haine de mon cœur ; parceque je ne puis souffrir que vous viviez sur la même terre que moi ; parce.|ue je ne veux pas que vous viviez heureux, quelque part que ce soit; parceque je veux appeler sur vos têtes toutes les malé- <lictions et tous les opprobres du monde ; parceque je ne serai pas content jusqu'à ce que j'aie vu vos yeux s'éteindre dans les larmes et votre cœur se sécher dans la douleur.

GEORGES

Eh bien, moi, je te remercie, Campbell , de ta haine et de ton infamie... Ma mesure de colère était pleine, tu viens de la faire déborder; et je t'en remercie!... Tu avais tué mon père et mon frère, et j'allais te pardonner; tu avais <!éshonoré ma mère, et j'allais te pardonner; parceque tu avais le droit de m'appeler ton fils... mais, à cette heure, tu veux nous déporter, moi, parmi les assassins, ma mère parmi les femmes perdues... Ah! je ne te le pardonnerai pas... et tu mourras!...

Mais je ne mourrai pas sans vengeance, du

moins; dans quelques instants l'on viendra vous chercher, l'ordre de déportation à la main.

GEORGES

Détrompe-toi, milord!... cet ordre... le voilà !...

(Il le déchire.)

CAMPBELL

O malédiction !... pas de vengeance!... lue moi donc !

GEORGES

N aie pas peur!... je veux te tuer, je ne veux pas t'assassiner.

CAMPBELL

Un duel !

GEORGES

Oui, un duel!... un duel à mort, sans pitié ni merci... un duel où l'un des deux restera... et si tu as besoin d'un défi... le voilà!. ..mon beau père!

(Il lui jette les morceaux de papier à la figure. ) CAMPBELL.

Oh! du sang ! du sang! battons-nous!

A l'instant.

CAMPBELL

Le lieu?

GEORGES

Cette chambre.

CAMPBELL

Des armes?

GEORGES , décrochant deux épées à deux mains.

En voici !

CAMPBELL

Des témoins?

GEORGES

Dieu et mon père...

( Us ramassent chacun une épée. ) CAMPBELL.

En garde!

(Ils se portent un coup violent.)

TOIX au dehors.

Mon père ! mon père!

GEORGES

On vient!... ils nous sépareraient peut-être... entrons là tous les deux ! il n'en sortira qu'un. CAMPBELL , passant le premier.

Oui, oui, qu'un seul.

( Us entrent duns la chambre de gauche au fond et ferment la porte en dedans.)

esoeeeeeoe9soeoeeee«eo90iw3(MgeeaoeesMSMMe«eeseeâseeee«

Page 1