‹ Magasin théâtralChapitre 821 sur 1711 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

OLIVIER DE RIEUX, DON LUIS Dl CABRERA, ambassadeur d'Aragon y MARIiNO, Seignedrs au fond.

MARINO. IMessieurs , la reine ne peut tardera paraître... la cour sera brillante aujourd'hui., car, outre les gentilshommes qui en font ordmairement l'honneur , plusieurs nouveaux officiers doivent lui être présentés.

DE CABRERA, montrant Olivier de Kleux a Marino. Dites-moi , seigneur chancelier , n'est-ce pas là l'envoyé du prince français,

JEANNE DE NAPLES

qui ose rechercher la main de la reine en concurrence avec mon maître ?

MARINO. Je ne sais... on m'a dit, en effet, que ce gentilhomme vient de France. C'est tout ce qui m'a été révélé à son égard... On le voit paitout où se montre la reine...

DE CABRERA. Je veux l'interroger. Vous 2tes Français, messire?...

OLIVIER. Je ne le cache pas.

DE CABRERA. Et votie nom?...

OLIVIER. Je l'ai dit en entrant...

DE CABRERA. [A part.) Il ne veut pas me répondre. C'est l'envoyé de Jacques de Bourbon. (Haut.) L'on connaîtles projets de votre maître...

OLIVIER. Et qui a deviné que j'en ai un?

DE CABRER.\. Moi, qui en sers un autre.

OLIVIER. Mais je trouve que vous outrepassez les devoirs que vous impose son service.

DE CABRERA. Qui , moi ! l'amba.ssadeur du roi d'Aragon... qui recherche et obtiendrai la main de Jeanne pour le frèi'e de mon maître, je n'ai pas le droit —

OLIVIER. Vous , ambassadeur du roi d'Aragon; excusez-moi, d'après vos questions , je vous avais pris tout au plus pour un chambellan de la reine Jeanne.

DE CABRERA. Messire , cette plaisanterie sent un peu trop le Français...

OLIVIER. Monseigneur , ceite fierté est beaucoup trop espagnole!...

DE CABRERA , /a main sicr son épée. Si je ne respectais le lieu où nous sommes et les titres que je porte!...

MARîIVO , passant entre les (hue. Eh I messeigneurs , de grâce , point de querelles.

OLIVIER. Vous avez raison , le moins habile doit céder la place à l'aiure , et ici je reconnais pour mon maître l'ambassadeur du roi d'Aragon. Un prince espagnol est sur les rangs... un prince qui offre la Sicile. Jacques de Bourbon ne doit plus garder d'espérance!... il ne me reste plus qu'à lui porter cette triste nouvelle. Seigneur don Luis de Cabrera , si vous désirez continuer cette conversation , que ce soit avant demain midi , car demain ma place sera vide au grand hôtel de Saint- Janvier. Jusqu'à demain, à midi, je serai tout à vous, si vous l'exigez.

11 sort.

DE CABRERA. Je ne voulais de lui qu'un départ, je suis satisfait maintenant... Seigneur chancelier, j'aurais à vous entretenir—

■AftINO. Je vous suis.

lU dîaparaisscut Jnns la fuiile.

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