‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1079 sur 1577 · CATHERINE, ROBERT · texte numérisé non relu

CATHERINE, ROBERT

CATHERINE, à part. Où veut-il en venir?

ROBERT s'approche de la table, prend un verre et y verse le poison. Allons , Catherine Patrick... voici un breuvage qui endort et donne lentement la mort... Nous dirons, quand lu l'auras bu , que la peste a signalé ta dernière heure...

CATHERINE. -Milord.. . je" suis innocente.

ROBERT. Ta sentence est écrite.

CATHERINE. Milord. . . je sais que je ne puis plus appeler de nouveaux juges.

ROBERT, Et que dois-tu faire?

CATHERINE. Mourir.

ROBERT, désignante verre. Et je t'apporte une mort calme et facile.

CATHERINE. Milord... je ne vous demande qu'un jour...

ROBERT. C'est impossible...

CATHERINE. Je me jette à vos pieds... Ce jour seulement.

LA SOEUR DU, MULETIER

ROBERT. C'est un piège , tu veux m'é- \ chapper.

CATHERINE. Comment le pourrais-je, milord? je ne veux qu'un jour, et ce breuvage c'est la souffrance instantanée.

robert, la conduisant à la fenêtre. Il t'effraye... Mais ne vois-tu pas d'ici les sbires qui attendent mon ordre pour te traîner au supplice ?

Catherine , reculant avec horreur. Mon Dieu !.. . je sais que vous pouvez disposer de ma vie... mais j'en appelle à votre générosité.

ROBERT. Ma générosité.... Tu m'en as déjà fait repentir... et d'ailleurs je ne pourrais te sauver... le conseil attend la preuve de ta mort. Choisis!... décide!... Comment veux-tu mourir?

Catherine. Milord... rien qu'une heure !

robert. Allons , puisque tu le veux , d'autres se chargeront de la juste vengeance ! Je vais crier d'ici que tu respires encore.

Catherine. Arrêtez, milord !

robert. Bois donc !

Catherine, après un grand effort, prend le verre et le repose sur la table. Je ne le puis.

robert. Le ciel m'est témoin que j'ai fait de vains efforts. . . que les sbires viennent donc t'arracher de ces lieux ; que la foule épouvantée t'accompagne; que ton sang coule... ta mort sera plus sûre et mon cœur plus à l'aise... Tu le veux?...

Il pousse la fenêtre.

CATHERINE, avec épouvante. Arrêtez!

robert, furieux Mb patience est à bout.

Catherine, reposant le verre après avoir bu. J'ai bu !

robert referme la fenêtre. Ca-therine chancelante s'assied. Toute tentative de salut ne ferait que prolonger ta torture, car, tu le sais, cette maison est cernée. Et quand j'y enverrai les ensevelisseurs qui accompagnent les trépassés, le bourreau sera sous cette fenêtre avec ses cordes et son épée. Le ciel a voulu, Catherine, que le châtiment du crime s'accomplît dans le silence, et tu auras la sépulture à côté de tes frères... Adieu!... Songe à ton âme !

Il sort.

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