SCÈNE XIV
Les Mêmes, grincheux.*
grincheux, accourant. Bourgeois ! bourgeois !
dumont, allant à lui. Qu'est-ce que tu me, veux?
grincheux, avec mystère. Je descends du toit et j'ai trouvé...
DUMONT. Quoi donc ?
grincheux. Tenez, regardez.
Il entr'ouvre sa veste, et laisse voir à Dumont un objet qu'il catlie aux autres.
DUMONT. Ah ! je m'en doutais ! c'était lui ! {A Jean-Baptiste.) Tu as le front de me demander ma fille, toi!... {Aux Ouvriers.) Vous osez le soutenir, vous autres 1 lui, un espion, un mouchard, un voleur !
tous. Un voleur!... Ah!
grincheux, à part. Fameux! ca marche..**
DUMONT. Oui... voilà plusieurs nuits que quelqu'un rôde sur les toits de ma maison et que je le guette pour lui envoyer un coup de fusil... (A Jean- Baptiste.) Aie donc le front de me dire que ce n'était pas toi... Tiens, voilà ton bonnet que Grincheux vient de trouver dans la gouttière.
Il le tire de la veste de Grincheux et le jette à terre. * Catherine, Madelaine, Dumont, Grincheux, Libois, Jean-Baptiste.
"* Catherine, Madelaine, Dutuont, Libois, Jean- Baptiste, Grincheux.
grincheux. C'est la vérité... [Levant la main.) J'en témoigne.
JEAN-BAPTISTE, Kh bien, puisque vous le savez. .. c'est vrai, bourgeois. .. je ne le nie pas, mais...
CATHERINE, àpart,émue et le contemplant.
C'était lui 1
dumont. Qu'allais-tu faire là à une pareille heure?
jean-raptiste. Oh! pour ça. on ne le saura jamais ; tout ce que je peux vous jurer, c'est que ce n'était pas pour commettre une mauvaise action. . .
dumont. En attendant il refuse de s'expliquer... vous l'entendez. Sors d'ici... sors... comme un brigand que tu es...
Nouveaux murmures parmi les Ouvriers.
libois, bas aux Ouvriers. Dame! écoutez donc, au fait... on ne sait pas , quelquefois...
madelaine. Veux-tu ne pas le soupçonner, toi!
libois. Moi, le soupçonner... jamais... le premier qui ose... (À Grincheux.) Est-ce que tu le soupçonnes, toi ?
Il pousse Grincheux.
DUMONT. Qu'on me laisse... il n'y aura de fête ici pour personne , car Jean-Baptiste ne fait plus partie des ouvriers de la fabrique ; il ne remettra jamais les pieds chez moi...
Musique à l'orchestre.
JEAN-BAPTISTE , essuyant ses yeux qu'il tourne du côté de Catherine. M'en aller pour toujours ! quand la reverrai-je maintenant?
Catherine, émue, Pauvre Jean-Baptiste, comme il m'aimait!
dumont, à Jean- Baptiste. Je te chasse!
'Aux Ouvriers.) Et vous, à la fabrique.
CHOEUR
Air. de l'Escadron rohnl de la lleuie.
Il faut qu'il obéisse, Qu'il sorte d'ici.
Mais le chasser ainsi, C'est manquer de pitié pour lui ; Quoi! par tant d'injustice
Payer tant d'amourl Ah ! puisse le sort, un jour, Venger Jean-Baptiste à sod tour 1
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