‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1203 sur 1577 · MADELAINE, JEAN-BAPTISTE, CATHERINE · texte numérisé non relu

MADELAINE, JEAN-BAPTISTE, CATHERINE

jean-baptiste, en marié. Bonjour, tout le monde et la compagnie.

madelaine, lui sautant aie cou. Comme le v'ià bichonné !... Est-il gentil , ce matin !

JrAN-BAPTiSTE. Prenez donc garde. .. 3011s me défrisez. (A Catherine.) Eh bien , Catherine... eh bien, ma petite femme, c'est pour aujourd'hui et puis pour toujours.

Catherine. Comment, mon ami... vous voilà déjà prêt?

madelaine. Je crois bien ; à cinq heures du matin il était adonisé comme vous le voyez là... j'ai eu toutes les peines du monde à l'empêcher de venir ici... Il se croyait en rclard. . .

jean-baptiste. Le fait est qu'aujourd'hui le soleil n'en finissait pas de se lever... pour sûr il était indisposé. Heureusement que j'a-

JEAN-BAPTISTE

vais de la besogne... d'abord ma félicité à faire clouer au-dessus de la porte. . . tenez , voyez d'ici. . .

Il désigne la fenêtre.

Catherine. Votre enseigne , mon ami ?

jean-baptiste. La nôtre , Catherine.

« Jean-Baptiste Vaugrain , gendre et successeur de maître Dumont. » Oh ! c'est écrit.

MADELAïne. Et en lettres d'or.

jean-baptiste. Ça valait bien ça... Ensuite , comme il me restait une bonne heure, je suis allé jusqu'au village des Carrières embrasser quelqu'un qui ne figurera pas en personne à notre noce... mais qui en est tout de même , et un des premiers.

Catherine. Il a été voir mon fils! [Lui tendant la main.) Jean -Baptiste , vous êtes le meilleur des hommes... vous n'aurez jamais autant de bonheur que vous en méritez. . .

madelaine. Oh ! non.

Elle entre dans la chambre à gauche.

jean-baptiste. Oh! si... puisque Catherine consent à m'épouser. . .

cathebine. De grâce , Jean-Baptiste, réfléchissez à l'avenir... et pendant qu'il en est temps encore, renoncez à ce mariage...

Air du Bon Curé. (De Paul Henrion.)

Le dévouement vous aveugle peut-être, Vous vous montrez trop généreux.

Un jour, hélas 1 les regrets pourraient naître ; Combien vous seriez malheureux !

Rien m'effac'ra la honte originaire,

Seul héritag' de mon fils en naissant, Et l'on n' peut plus aimer la mère

Lorsque l'on doit rougir de son enfant 1

jean-baptiste. M'ôter le droit de vous protéger, vous et votre enfant. . . oh ! ne l'espérez pas.

Même air.

Si le malheur, quand il reçut la vie,

Sur cette terr' vint avec lui, C pauvr' innoncent faut-il qu'on 1' sacrifie, Et qu' sur son chemin il reste sans appui? Pour qu'il ignore à jamais le mystère

Qui dut le flétrir en naissant, Et qu' sans rougir il embrasse sa mère, Dieu me l'envoie, il doit être mon enfant!

Catherine. Non , la raison ne peut rien contre un cœur comme le vôtre.

madelaine, reparaissant. * Allons , assez causé. .. et ne pensons plus qu'à la noce... Justement, v'Ià mon mari qui monte... et vous n'êtes pas prête.

jean-baptiste. Sans doute, il nous amène les témoins ; tant mieux , nous aurons une fière société. Sans compter le vicomte d'Or-

" Jean-Baptiste. Madelaine, Catherine.

villiers , mon frère de lait , que j'ai invité et qui viendra.

madelaine. En attendant, voilà les autres.

jean-baptiste. Faut les recevoir. (Allant à la, porte.) Entrez, les amis. (A Madelaine.) Madame Libois , offrez des chaises.

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