SCÈNE V
Les Mêmes, LIBOIS.
libois. * N'offrez rien du tout, il est inutile de déranger le mobilier.
jean-baptiste. Eh bien, vous êtes seul?
libois. Tout seul.
jean-baptiste. Qu'est-ce que ça veut dire?
libois. Ça veut dire que tout le monde refuse de vous servir de témoin ; voilà !
jean-baptiste. Est-il possible ?
cathebine. Vous l'entendez , Jean-Baptiste, notre malheur recommence!
jean-baptiste. Eh bien, si les voisins nous manquent de parole , nous avons les compagnons de la fabrique... je suis sûr de ceuxlà.
libois. Pour l'ouvrage... oui... mais pour la cérémonie, bernique! ce satané Grincheux les a tous effarouchés.
madelaine. Là ! toujours Grincheux !
libois. Eh bien, oui, il mène la bande, et les ouvriers ont juré de vous laisser marier tout seuls, à cause du père Dumont, qu'ils ne pouvaient pas souffrir, mais qu'ils regrettent aujourd'hui parce qu'il est mort, et ça retombe sur vous.
Catherine. Oh ! c'est affreux !
madelaine. C'est une atrocité !
jean-baptiste, allant vers Catherine.** Laissons-les dire et moquons-nous-en... Ne nous reste-t-il pas des amis fidèles.. . d'abord Mathieu Libois?
libois. Oui, tu peux toujours compter sur moi... à la vie à la mort. .. excepté pour aujourd'hui.
jean-baptiste. Plaît-il?
madelaine. Qu'est-ce qu'il dit cet imbécile-là ?
libois, à Jean-Baptiste. Faut pas m'en vouloir, garçon... les compagnons ont juré, et comme j'étais là, naturellement j'ai juré avec eux.
madelaine , à son mari. Et tu te figures que je souffrirai une infamie pareille.... moi, Madelaine!... moi la bourgeoise!... Tu vas mettre ce bouquet à ta boutonnière et tu donneras le bras à la mariée.
Elle lui attache le bouquet.
libois. Pas possible. . . j'ai juré...
* Jean-Baptistf, Libois, Madelaine, Catherine. " Libois, Madelaine. Jean-Baptiste, Catherine.
ça ne
mvdelune. Sans ma permission compte pas.
LIBOIS. Mais les comparions?
MAOHLA[!SE. Tn n'es pas marié avec eux, ils n'ont pas le droit de te faire la loi.
Linois. Un honnête homme n'a que sa parole.
madelaine. Celle de la femme... j'ai donné la mienne et dans le ménage c'est le mari qui répond.
JEAN-BAPTISTE, à Catherine, qu'il essayait d'encourager tout bas pendant ce qui procède. Eh foui... si 1rs amis nous manquent, il v a des pauvres à l'église.
madelaine. Allons, allons , ne parlons plus de ça, et en route.
AiR du 2me quadrille du l'uitx d'amour. Tu vas conduire la mariée.
Et vite, offre-lui donc ta main ; Jusqu'à l'église elle t'est confiée; Allons accomplir cet hymen.
UBÔIS.
C'est dit... marchons jusqu'à l'église, A part.
Un' fois dehors, bon gré mal gré, .Ma résolution est bien prise...
Je n' sais pas trop ce que j' ferai...
ENSEMBLE
Il faut conduire la mariée ; Que chacun se donne la main; Puisqu'elle nous est confiée, Allons accomplir cet hymen.
Tous les quatre se mettent en marclie; on entend au dehors une ijrande rumeur.
Catherine. Ecoutez!... ce tumulte!...
c'est dans notre cour !
Jean-Baptiste. * \ttendez je vais
voir.
Il s'avance vers la fenêtre; une grêle de pierres lancées
du dehors brise les vitres et pénètre daus la
chambre.
Catherine , reculant épouvantée. Des pierres, mon Dieu, des pierres!
jean-baptiste. Qu'est-ce que ca veut dire?...
madelaine. * Je vas leur parler à ces canailles-là.
lirois, la retenant. Veux-tu bien rester tranquille!
jean-baptiste. Oui... c'est moi que ça regarde.
Il ouvre la porte du fond, et 'se trouve en présence do plusieurs Ouvriers.
* Jean-Baptiste, Madelaine, Libois, Catherine. Madelaine, Libois, Jean-Baptiste. Catherine.
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