‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1322 sur 1577 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LAROCHE, GUILLAUME, puis GALOU, MATHIEU, Ouvriers.

Guillaume, entrant et retirant vivement la porte après lui. Pardon, monsieur Laroche; c'est Galou qui veut à toute force venir vous déranger ; moi j' sais qu' vous n'aimez pas ça.

laroche. Galou ?... où e.*t-il?... que veutil?... vo\ons, qu'il entre.

Guillaume. Ah! si c'est vot' idée!...

pour lors... (Il ouvre la porte.) Entre!*

GALOU, entrant, sa casquette à la main. Excusez, monsieur Laroche... (5e retournant.) Entre aussi, Mathieu.

Mathieu, entrant. Fâché d' vous importuner, monsieur Laroche... (Se retournant.) Entrez aussi, vous autres.

Quelques ouvriers entrent timidement et se tiennent au fond, pendant que les autres restent à la porte.

laroche, à Guillaume. Qu'est-ce que ça signifie?

Guillaume. Dam... qu'ils s'expliquent!

LAROCHE, aux Ouvriers. Pourquoi quittez-vous l'ouvrage sans permission? J'ai dit qu'on ne s'en irait qu'à neuf heures !

galou. Illcs est... bourgeois, il les est.

LAROCHE, regardant l'heure. C'est juste.

Alors vous pouvez partir si s'est ça que vous voulez.

galou. Oui, bourgeois, d'abord et d'une ça ne peut pas nuire, vu que la journée a été rude et que les fumerons demandent grâce.

laroche. Ah! c'est un pour-boire qu'il vous faut, n'est-ce pas?

GALOU. Dam... (A part aux autres.) Oh!

c' t' idée qui lui prend! prenons toujours.

laroche. Tenez ! vous partagerez ça.

galou, prenant l'argent. Une voiture à quatre roues!... Excuso !

laroche. Maintenant tournez-moi les talons.

galou. C'est que...

laroche. Quoi?... vous n'êtes pas contents?

galou. Oh! si!... Mais c'est que...

LAROCHE. Parle donc!...

' Guillaume, Laroche, Galou, Mathieu, Ouvriers.

GALOU. Voilà l'histoire... Chaîne année les marchan Isdu canal donnent une fête à l'île d'Amour... el il s' trouve, bourgeois, que c'esl d'inuin \ot' tour!

LAROCHE. Oui, c'est une sotte coutume, mais enfin je m'y conformerai. II faut bien faire connue tout le inonde.

GALOU. Si c'était un effet de vot' part de nous dire si nous serons du festin de lialthazar... nous !es ouvriers ?

LAROCHE. Sans doute, puisque c'est l'usage.

GALOD. Pour lors, bourgeois, ça s'rail un deuxième effet de vot' pari d' nous avancer une qilinza ne ; l'histoire d? nous donner un coupd torchon etd' faire honneur au monde.

LAROCHE. Une quinzaine d'avance!... ça t'est facile à dire à toi !... Je n'aime pas les avances, ça engendre la paresse.

Mathieu, bas. Il va pas vouloir.

Laroche. Mais enfin, pour celte fois, j'y consens.

les ouvriers, avec joie. Ah!...

Laroche. Mais j'aurai l'œil sur vous! Et le premier qui ne travaillera pas ferme aura affaire à moi !

Il va prendre de l'argent dans une armoire.

Mathieu, tas à Galou. Tu ne risques rien, toi.

galou. Moi! j' m'éreinte. .. à preuve aujourd'hui.

MATHIEU. T'as rien fait !

galou. J'ai rien fait?... j'ai culotté trois pipes.

Laroche. Tiens , Guillaume , tu feras le compte de chacun; mais seulement demain matin, quand on aura fini de débarrasser le bateau. Tu me rendras le reste.

Il lui donne des rouleaux.

galou. Que ça de saucisses !

Laroche. Maintenant reprenez vos vestes et allez vous-en ! que dans cinq minutes il n'y ait plus personne sur le bateau. — Toi, Guillaume, tu m'attendras

Il monte l'escalier.

les ouvriers, le suivant. Merci bien, monsieur Laroche.

GALOU. Patron, je vous trouve très-gracieux, ma parole d'honneur.

Laroche, seretournant. Ah ça, voyons...

allez-vous partir?

LESOUVRitRS. Voilà. .. voilà!

Us sortent par la droite en se bousculant, pendant que Laroche sort par l'escalier.

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