SCÈNE VI
M"" RICCA, FRITZ, STELLA, THÉO- DORE, Mn,c MULLER.
FRITZ, venant de la gauche, cl conduisant madame de Ricca au pavillon. Venez, madame, venez ; voila la clef, entrez tout doucement dans le pavillon, et vous verrez.
M""" MULLER, venant de la droite et se dirigeant vers le bâtiment. Je n'en puis plus... mais ma petite Stella ne sera pas restée seule trop longtemps. (Apercevant Stella et Théodore. ) Stella et Théodore! * FRITZ. Ensemble!
M""" ricca. Toujours!
Théodore, se levant. La comtesse!
Stella. Maman!
fritz. Ah ça, par où est-il passé? la porte est fermée et la clef était dans ma poche! Mn,e muller. Comment se fait-il, Stella? Stella. Maman, je t'assure que si nous nous sommes retrouvés, il n'y a pas de notre faute. Fritz avait enfermé Théodore, et moi, je voulais t'accompagner. Si je suis restée, c'est que tu l'as voulu, et si Théodore est sorti du pavillon, c'est que Fritz l'a bien voulu aussi.
fritz. Moi!
stella. Sans doute. Pour descendre de ce balcon il fallait à Théodore une échelle, et c'est vous, Fritz, vous qui l'avez apportée et posée là... vous-même.
fritz. C'est vrai. Ah ! la petite masque ! ! Madame la comtesse, je vous conseillais toujours l'indulgence, mais je reconnais à présent que j'avais tort ; je renonce à garder monsieur Théodore, et je vous engage à le renvoyer dès demain, dès ce soir, à l'école militaire de Berlin.
Théodore. Et moi , je déclare à madame la comtesse, avec tout le respect que je lui dois, que je ne veux plus aller à aucune école, que toute mon ambition est d'épouser Stella, et que je me crois assez savant pour être son mari.
tous. Son mari !
m1"6 ricca. Théodore, si votre père eût vécu, il vous aurait fait monter en voiture et envoyé immédiatement à Berlin. Je serai plus indulgente.
fritz. Oui. On ne voub fera partir que demain.
Mme ricca. Retournez au château; je vous rejoindrai tout à l'heure ; quelques minutes de solitude et de réflexion vous feront comprendre toute l'extravagance de votre projet de mariage. Je vous croyais presque un * Théodore Stella. Mme Muller, M«n« de Ricca, Fritz.
STELLA
homme, Théodore, et vous n'êtes encore qu'un enfant.
Théodore. Non, madame, j'ai dix-neuf ans... dans quelques années je serai majeur, je serai mon maître, et j'épouserai Stella malgré vous , malgré madame Muller, malgré le grand Frédéric lui-même. Jusque-là je ne ferai rien... qu'aimer Stella et vous faire enrager tous.
stella. Théodore!!
Mme de ricca. Vous oubliez, monsieur, que vous parlez à votre mère. Je vous ordonne de suivre Fritz et de rentrer au château. {Théodore s'incline en silence.) Vous, madame Muller, renvoyez cette enfant, il faut que je vous parle.
Théodore s'approche de Stella et lui dit à voix basse. On va comploter quelque chose contre nous. Tâche de savoir...
Il remonte la scène.
stella. Sois tranquille.
fritz. Monsieur, je vous attends.
Théodore , ens 'en allant, à Fritz. Vastu encore m'enfermer? Tu sais que ça ne m'embarrasse pas beaucoup.
fritz. Dire que j'ai nourri cet enfant-là du lait de ma femme.... Allons, monsieur, marchez devant et suivez-moi.
Ils sortent à gauche. Stella rentre dans le bâtiment.
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