SCENE II
Les Mêmes, WOLMAR, UN MATELOT.
WOLMAR, entrant et parlant au matelot qui le suit. Anioine, vous m'avez entendu? d'orbe. Ab ! Wolmar...
(Il marche vers lui.) WOLMAR, lui serrant la main. Bonjour, mon ami, bonjour. Déjà levée, madame!
c'est admirable.
(Il la salue d'un air distrait et préoccupé, puis se retourne vers le matelot.)
claire. Que voulez-vous, monsieur le comte, je conserve en France les bonnes babi rudes de nos montagnes ; mais vous semblez bien agité?
d'orbe. En effet... j'allais te le dire... tu as la physionomie toute renversée... tu ne tiens pas en place... qu'as-tu donc?
■wolmar. Tu le sauras. Il faut bien enfin , mes bons amis , que je vous confie mes chagrins.
d'orbe , à part. Ah ! mon Dieu ! est-ce qu'il serait jaloux comme moi , par hasard ?
Claire, à part. Soupçonnerait-il?.. Je tremble.
d'orbe, à Wolmar. Eh bien?
wolmar. Pardon... je suis à toi... Antoine , courez à l'hôtel du gouverneur, j'attends toujours une dépèche de Versailles, et peut-être... Allez. (Fausse sortie d'Antoine. Wolmar le rappelle. ) Ah ! c'est à neuf heures, n'est-ce pas ? que le navire le Comte de Provence doit mettre à la voile ?
le matelot. Oui , capitaine.
WOLMAR. Et le premier signal du départ ?
LE MATELOT. Trois coups de canon.
wolmar. C'est bien , allez, ne perdez pas un instant.
(Le matelot s'éloigne.)